Juste un contrat...

Juste un contrat...
Piix :
MOii
























iJuste un contrati



Le jeune homme appuya sur le bouton de l'interphone et attendit. Il se frotta les mains et sautilla sur place pour se réchauffer, car la nuit était glaciale en cette mi-décembre. Ses dreads s'agitèrent avant de retomber sagement sur ses épaules. Il s'apprêtait à sonner une nouvelle fois lorsqu'il entendit le craquement de l'interphone.

« Oui ?
La voix était grave et masculine, ronronnante et sensuelle. Il en bavait presque...

« Tom Kaulitz, fit-il bien audiblement.
- Ah oui, bien sûr. Entrez donc. Troisième étage.
L'homme parlait doucement mais fermement. Tom ouvrit la porte et réfléchit un peu alors qu'il attendait l'arrêt de l'ascenseur à l'étage indiqué. Il ne savait pas grand-chose du programme de cette soirée, à part qu'il y avait un dîner chic - il s'était d'ailleurs arrangé en conséquence - et qu'il était grassement rémunéré.
Les portes de l'ascenseur s'ouvrirent et le jeune homme fit face à un mur de couloir ocre chaud, très agréable. Il s'engagea dans un long couloir, assez large. Il distinguait une porte en face de lui, une seule. Visiblement l'appartement de son client fortuné s'étalait sur la totalité du niveau.
Il s'avança et frappa trois coups brefs. Il ajusta brièvement sa tenue, un peu stressé tout de même. A tel point qu'il sursauta lorsque la porte s'ouvrit, tout occupé qu'il était à l'observation acérée du couloir, tout ocre et chocolat.
Ses yeux se posèrent sur son client son cerveau se mit sur off. L'homme était magnifique. Plus que ça même.

Gott !
Il détailla son hôte avec insistance, qu'il considéra d'une petite vingtaine d'années ; sa silhouette fine et élancée - il mesurait 1m80 au bas mot - était délicatement entouré d'un pantalon à coupe droite gris anthracite qui ne cachait rien du galbe de ses cuisses, couplé d'une chemise noire parfaitement ajustée qui mettait en valeur l'estomac plat du jeune homme et l'étroitesse de ses hanches. La chemise - ouverte sur les deux derniers et premiers boutons - laissait apercevoir une peau blanche et appétissante, laissée libre par l'originale taille basse du pantalon - du sur-mesure, sans doute. Tom remarqua bien vite une ceinture à damier noir et blanc autour de la taille de son client.
Son observation minutieuse achevée, ses yeux rencontrèrent enfin ceux de son client. Deux pupilles noisettes, rieuses, plantées au-dessus d'un nez long et droit, qui attendaient patiemment de croiser son propre regard. Il s'empourpra sous le regard amusé de l'homme - un brun.

« Monsieur Kaulitz ?
- Oui, souffla Tom presque timidement.
Il se sentait impressionné, dominé, et ça le perturbait. D'habitude c'était lui qui s'imposait auprès des personnes qui faisaient appel à lui par le biais de son agence, établissant clairement que remplir son contrat ne l'empêchait pas d'avoir ses propres règles et limites. La situation s'inversait, et ce fait le déstabilisait.

« Bill Swenzel, enchanté !
L'homme lui tendit la main, qu'il serra fermement.
« Moi de même.
La poigne de Swenzel était ferme malgré ses mains fines, et les bagues froides qui cognèrent contre la paume du blond le firent frissonner. Il lâcha bien vite la main de son client et se recula, instaurant une distance physique qui lui paraissait essentielle. Ils n'étaient pas là pour copiner.
« Bien, entrez.
Swenzel se poussa pour laisser entrer son prestataire. Tom pénétra dans l'appartement calmement. C'était grand, luxueux et pas trop chargé. A la fois sobre et accueillant. Tout ça avec classe.
Swenzel referma la porte derrière lui et l'enjoignit à prendre place dans un fauteuil noir, ce que fit le dreadeux.
« Asseyez-vous, nous avons à parler. Un rafraîchissement ?
- Non merci.
- Bien.
Swenzel s'assit dans un autre fauteuil ; Tom détailla avec attention sa gestique, dévora des yeux sa silhouette gracile qui se courbait. Ses mains effectuaient des gestes élégants et ses cheveux noirs, méchées d'un blanc pur, frôlaient et caressaient délicatement ses épaules et son visage angélique au moindre de ses jolis mouvements. Swenzel s'assit et croisa élégamment ses longues jambes. Tom remarqua aussitôt qu'il était chaussé de santiags noires à incrustations blanches. Cet homme avait le sens de la classe et du détail accrocheur.
« Nous devons mettre au point les termes de votre intervention.
Tom ne broncha pas, attendant avec curiosité et méfiance la suite des paroles du beau brun.
« Ce soir je suis convié à une soirée chic, genre on reste entre riches ennuyeux. Malheureusement pour moi, je me dois d'y aller. De plus, on attend de moi que j'amène... quelque compagnie.
- Votre compagnie.
- Exact.
Tom vit dans les yeux de son client que celui-ci appréciait ses interventions. Qui n'avaient pourtant rien d'exceptionnelles... Bof, les riches avaient peut-être des lubies spéciales^^
« Bon, reprit Swenzel, Il y aura tout le gratin à ce dîner, les plus riches et donc les plus vaniteux. Et nous - pauvres choses faibles et minables - nous nous devons de montrer le plus grand respect pour ces astres solaires bénis de Dieu qui on eut le talent de reprendre les idées de leurs assistants, OK ?
- Ok !^^
Finalement cet homme n'était pas si sérieux qu'il y paraissait. Tom soupçonnait même son client d'être issu du même milieu populaire que lui.
« Je suis seul en ce moment, et il me faut quelqu'un capable de soutenir une conversation... sans déguster son chewing-gum avec des mastications de vache.
- Je déteste les chewing-gums, sourit Tom.
- Bien. Vous tenez une conversation ?
- Ma foi, il me semble qu'il me serait possible de converser avec un gentleman tel que vous quelque temps encore...
Swenzel sourit et chassa son ironie d'un geste de la main.
« Trèves de rires et travaillons un peu.
Ce disant, le brun s'empara de feuilles posées sur la table basse devant les fauteuils et commença à présenter à son prestataire la majorité des têtes de choux présentes à la future soirée. Tom se mit de bon c½ur à l'ouvrage ; ce serait la première fois - et sans doute la dernière - qu'il participerait à une telle sauterie, et jouer le conjoint d'une telle bombe l'enchantait au plus haut point.

*~*~*

Il feuilletait vaguement les feuilles, vérifiant qu'il connaissait tout sur le bout des doigts. Swenzel s'était éclipsé, en vue apparemment de finir de se préparer. Tom ne voyait pas trop ce qu'il pouvait encore parfaire, mais bon...
Une fois son passage en revue effectué, il se dirigea vers le balcon, curieux de la vue offerte. Il s'accouda à la balustrade et respira à pleins poumons. En face de lui, voire en dessous, la ville s'étendait, noire et illuminée, grouillante de monde. Il faisait déjà nuit sur la ville, et l'air frais lui était particulièrement agréable. Il adorait la nuit. Tom ferma les yeux et se laissa juste porter par les bruits de la rue : les bavardages étouffés des passants, les moteurs, les klaxons. Il détestait la ville - c'était moche, ça puait et vous brisait - mais l'appréciait beaucoup lorsque la nuit couvrait tout ces laideurs de béton.
Sa somnolence fut interrompue par une main, posée sur son épaule.
« Il est temps d'y aller, Monsieur Kaulitz.
- Bien.
Tom se redressa, embrassa du regard, pour la dernière fois il en était sûr, cette vision.
« La vue est sublime, finit-il en se retournant - et soudain il eut le souffle coupé.
Swenzel avait adroitement maquillé ses yeux, appliquant crayon, eyeliner et mascara avec largesse et goût. Ses magnifiques yeux chocolat se trouvaient transcendés par ce maquillage, et son regard quelque peu taquin - sûrement de voir le jeune dreadeux aussi... choqué ? charmé ? - revêtaient une intensité inégalable.
Merde alors ! O_O
« ... mais vous êtes encore plus sublime qu'elle, souffla-t-il d'un air émerveillé.
Un charmant sourire s'étala sur les lèvres glossées de Swenzel.
« Merci.
Sa main glissa de l'épaule au torse du blond.
« Vous n'êtes pas mal non plus... ^^
Un clin d'½il, une volte, une tempête d'abricot et de cheveux longs : Bill Swenzel l'attendait dans l'entrée, en train d'enfiler gracieusement une courte veste en cuir.
Amusé par le comportement - aguicheur ? Non, si peu ! - de son client, Tom s'avança calmement, s'armant d'un sourire ravageur. Lui n'avait pas besoin de manteau, et il alla galamment ouvrir la porte.
« Allons-y, mon c½ur, fit-il d'une voix suave.
Le brun lui renvoya un regard taquin et s'approcha de lui en minaudant.
« Oui mon chou, j'ai tellement hââââââââââte *-*
Tom n'eut pas le temps de répondre, car il sentit les lèvres - parfum mangue - de son client se poser sur les siennes en un smack rapide mais appuyé. Tom se retrouva vite fait planté comme un poteau, la poignée de la porte dans la main, les yeux ronds - en gros il avait une tête de con. Quand il comprit ce qu'il venait de se passer, il rougit violemment, et le rire de son client lui brûla les oreilles.
Swenzel l'attendait dans le couloir, clefs en main, l'air à la fois satisfait et amusé. Tom sourit et reprit contenance, passant devant le brun en léchant doucement ses lèvres, récupérant le parfum de mangue déposé par le gloss. Swenzel haussa un sourcil ironique, avant de l'ignorer pour fermer son appartement.
Tom l'observa près de l'ascenseur, le regard ardent. Sa soirée s'annonçait *très* intéressante !

*~*~*

Il virevoltait d'homme en homme, plaçant quelques commentaires faux-culs servis avec un grand sourire hypocrite. Régulièrement, son regard cherchait la silhouette de son compagnon, et il surveillait celui-ci, quelque peu anxieux il est vrai de le voir faire une connerie, de dire ce qu'il fallait à tous prix éviter. Il n'aimait pas être si loin de cette personne qu'il ne connaissait pas, et qui s'était clairement déclarée libre malgré le contrat qui les liait.
Il se rappela le début de la soirée, très peu intéressé par ce que déblatérait son interlocuteur.

FlAsH bAcK
Tous les regards se tournèrent vers eux, la majorité des conversations se stoppa. Le temps paraissait suspendu. Dans l'entrée, Bill Swenzel faisait son apparition, et était accompagné d'un jeune homme assez classe bien qu'arborant une coiffure bizarre. Ils étaient tout en contrastes ; c'était un couple atypique. Les regards se firent curieux, calculateurs, méprisants. Swenzel sourit vicieusement. On attendait mieux de lui qu'un dreadeux, n'est-c'pas ? Qu'ils aillent tous se faire foutre.
Il se rapprocha de son prestataire, qu'il avait senti se tendre. Son bras baladeur souleva un murmure de l'assemblée alors qu'il s'enroulait simplement autour de la taille de Tom en guise d'encouragement. Celui-ci lui renvoya alors un sourire éclatant de malice et de sadisme, auquel le brun répondit par son (célèbre) sourcil ironique. Cet échange sembla marquer un quelconque coup d'envoi, car aussitôt on les prit d'assaut, des femmes, des hommes, des vieux, des fumeurs, des jeunes, des décrépis, et s'ingénia - avec succès - à les séparer.
FiN dU fLaSh BaCk

Tom se retourna soudainement, et sourit à son client en levant sa flûte de champagne au niveau de ses yeux. Ils burent ensemble sans se lâcher du regard ; totalement ignorants des paroles qui recherchaient leur attention.
« Monsieur Swenzel, qu'-
- Veuillez m'excuser, articula vaguement le brun sans regarder à qui il s'adressait.
Il s'éloigna sans même attendre de réponse, s'approchant facilement de son prestataire. Celui-ci lui tournait le dos, de nouveau en pleine discussion avec le directeur de Yuy Corporations. Swenzel signala sa présence d'un bras enlaçant la taille du blond, et celui-ci, en parfait comédien, l'embrassa rapidement. Bill se lécha les lèvres ; le goût délicieux de la langue du jeune homme persistait dans sa bouche.
« Nous parlions de l'influence de la balance intérieure sur les comportements de la BERD...
- Ow.
Merde, Tom pouvait assurer sur ce terrain-là ? Swenzel retint une grimace, bien sûr que non, qu'il ne pouvait pas !
« Oui, du reste votre ami est tout à fait charmant... C'est surprenant.
Tom sourit hypocritement, l'insulte dans les dents. Bill quant à lui, honteux d'avoir eu la même pensé que ce gros bof, et ne supportant pas qu'on insulte quelqu'un injustement, se coula mielleusement contre le directeur de Yuy Corporations, minaudant et souriant.
« Oui, c'est parfois étrange comme les apparences sont trompeuses : un dreadeux intelligent, un snob très idiot... Fascinant, n'est-c'pas ? ^-^
Les traits du directeur se crispèrent et Bill l'embrassa sur la joue.
« Allez Papi, faut laisser les jeunes entre eux !
Swenzel s'empara du poignet de son prestataire et l'entraîna vers le buffet, où il se servit largement de médaillons de foie gras. Il prit ensuite une chaise qu'il tira sans hésitations vers la fin du buffet, contre le mur. Tout ça sous le regard médusé de Tom. Le brun s'assit élégamment sur sa chaise puis releva la tête vers Tom en lui souriant, son assiette posée sur ses genoux serrés.
« Vas-y, mange tout c'que tu veux, j'paye pas XD
Amusé, Tom se servit de foie gras et de petits toasts au saumon fumé. Il alla se poser près de Swenzel, apportant une autre chaise près de la sienne. Un petit silence régna, puis le blond ouvrit le dialogue.
« Alors, surpris de voir que j'ai encore des neurones ?
Swenzel sembla réfléchir quelques instants.
« Oui, mais pas tellement non plus. Ta liberté ne peut venir que de ton intelligence.
- Hm.
Re-silence.
« Merci...
Swenzel sourit doucement, presque rêveur.
« De rien. En plus je l'aime pas !
- ^^
- Oh, ça m'fait penser à quelque chose.
Swenzel se tourna vers son prestataire, se pencha légèrement vers lui. Ses yeux étaient graves.
« Tom, j'imagine que tu es au moins bi pour avoir accepté ce contrat.
Le blond arrêta de mâcher son petit four, l'air radieusement stupide.
« Ça ne pose évidemment aucun problème, fit le brun en remettant ses cheveux en place qu'un mouvement élégant. Mais tu es sexy et jeune, ils vont bien sûr tenter d'en profiter. Tu fais ce que tu veux, je sais pertinemment que ça ne me concerne pas. Sache seulement - et là ses yeux se firent plus intenses, plus ardents - que si tu n'es pas d'accord avec leurs avances, tu peux tout mettre sur mon dos. Je... peux être un amant très jaloux, et depuis certains évènements, dirons-nous, ils se tiennent tranquilles en ma présence.
Il posa sa main sur la cuisse du blond, toujours scotché.
« C'est OK ?
- Oui...
- Bien.
Bill reprit son assiette et piocha un peu de foie gras dedans.
« Quels évènements ?
Le visage du brun se ferma.
« Pas envie d'en parler.
Mis en garde par la voix sèche de Swenzel, Tom n'insista pas. Après tout, ce n'était qu'un client... certes agréable et sexy... adorable... envoûtant...
« Tu ne t'ennuies pas trop ?
... et attentif.
Tom se tourna vers son compagnon et lui sourit sincèrement.
« Non, pas le moins du monde. C'est amusant de les voir me regarder de haut puis déchanter lorsque je soutiens leurs conversations ennuyeuses.
- Hum, joueur ?
- Très.
- Alors va jouer, et amuses-toi bien...
Voilà une bien exquise manière de se faire congédier, mais congédié tout de même...
Un peu vexé mais voyant que l'air fatigué de son client ne lui mentait pas, Tom se leva et posa son assiette - pas encore vide - sur sa chaise. Swenzel ne voulait pas être là et n'assistait qu'à cette sauterie d'un snobisme et d'un ennuyeux ahurissant qu'à cause d'obligations carriéristes. Le blond s'empara de l'assiette de son client et la posa à côté de la sienne. Swenzel lui lança un regard interrogateur, auquel il n'eut aucune réponse. Malicieux, Tom se rapprocha du brun en lui flattant légèrement l'épaule, et l'enjamba lentement.
Les yeux du méché s'arrondirent de surprise, et Tom lui sourit gentiment. Il descendit lentement sur les genoux du brun, sensuellement, et noua doucement ses bras autour de la nuque de sa proie, plongeant ses mains dans les longs cheveux noirs.

« Tom ?
- Bill ? répondit celui-ci avec humour.
- Qu'est-c'que tu fais ?
- Je joue, souffla sensuellement le blond en décernant un regard brûlant au noiraud.
Doucement, il se pencha et déposa ses lèvres sur celles de Swenzel. Il l'embrassa gentiment, exerçant juste une légère pression. Surpris, Swenzel hésita, puis il se laissa aller et posa ses mains sur la taille de son prestataire, le rapprochant un peu de lui.
Le baiser s'approfondit alors lentement, et Tom grogna au contact du piercing du brun. Leurs langues s'enroulaient, se caressaient langoureusement, patientes et lentes. Ils n'étaient pas pressés. Bill se laissa emporter par la douceur et la facilité du blond et ses mains se refermèrent fermement sur les hanches anguleuses du jeune homme.
C'était doux et violent, à la fois apaisant et enivrant. Merde, Bill en perdit même la tête, glissant son bras sous le tee-shirt de Tom pour caresser son dos, oublieux de l'assemblée présente, qui pouvait les surprendre et à tout moment. Il enfonça ses ongles dans cette chair chaude lorsque Tom lui lécha les dents, provoquant un frisson glacé tout le long de sa colonne vertébrale.
Satisfait, Tom glissa son basson vers l'arrière, se cambrant langoureusement, et frotta son torse contre celui du brun. Swenzel haleta sourdement dans leur baiser et appuya son ventre contre l'estomac du dreadeux. Il sentait une chaleur l'envahir, et alors que l'hypothèse d'enlever le tee-shirt de Tom pour embrasser sa peau lui vint à l'esprit, ledit Tom se retira et disparut comme un courant d'air.
Et Swenzel resta, haletant et insatisfait, sur sa chaise.
Et le jeu commença.

*~*~*

Il naviguait entre les personnes présentes, confortables. Il distribuait sourires, clins d'½il et hypocrisie à tout vas, avec succès : il créait la surprise, tout le monde l'adorait.
Mais lui s'en fichait ; lui, tout ce qu'il voulait, c'était lui en mettre plein la vue. Il savait qu'il l'observait, il sentait son regard sur son corps, ses mouvements, ses fesses, sa bouche, sa nuque. Il jouait outrageusement avec son piercing dès qu'il pouvait, le faisant danser avec sa langue et sa lèvre inférieure comme un forcené.
Il ne savait pas vraiment à qui il parlait, et à vrai dire il ne suivait franchement pas la conversation. Il voulait juste... faire qu'il de désire. Et il y arrivait.
Il s'éclipsa vers le buffet pour se procurer une flûte de champagne, lorsqu'il sentit une présence brûlante dans son dos. Il ferma les yeux et se détendit totalement sous la domination de l'autre homme alors que celui-ci l'embrassait violemment, plaquait les mains du blond au-dessus de sa tête sur le mur et enfonçait ses ongles dans les chairs tendres de ses poignets. Il gémit lorsque les dents du jeune homme tirèrent presque brutalement sur sa lèvre inférieure. Il adorait ça.
Une voix rauque lui parvint.

« Me cherche pas, Tom...
Swenzel respirait fort et lourdement, son corps pesant plaqué contre celui de Tom, qui savourait le contact.
« Me cherche pas, j'suis pas du genre patient, tu sais...
- Hum oui, c'est bien c'qui m'semblait...
Joueur, Tom gigote un peu, se frottant contre Bill. Il se délecta de la respiration lourde du brun, et renversa brusquement leurs positions. Le brun poussa un petit cri et se laissa aller contre le mur. Satisfait de sa docilité, Tom l'embrassa violemment, sa langue exigeante se battant avec le muscle piercé de son client.
Le baiser les laissa tous deux haletants, et Tom mordilla délicatement le lobe de Swenzel.
« Mais je t'ai jamais demandé d'être patient !
Et de nouveau, Swenzel se retrouva seul, haletant et frustré.
Sa main se crispa sur son ventre. Ce mec allait le rendre dingue... !

*~*~*

Il n'en pouvait plus. Tom n'arrêtait pas de l'aguicher, tantôt tendrement tantôt plus sexuellement. Il était à bout, mais ne voulait pas lui tomber dans les bras. Il aurait l'impression de se faire utiliser encore une fois. En plus... ça faisait assez longtemps maintenant, mais il avait besoin d'amour et de douceur. Il ne voulait pas baiser, il voulait qu'on lui fasse l'amour. Et même s'il était charmant, Tom n'était pas la personne qu'il lui fallait pour ça.
Il déboucha sur le toit et s'avança vers le bord. L'air frais lui fit aussitôt un bien fou, calmant le tourbillon de ses pensées et le relaxant. Il soupira et sortir son paquet de cigarette, en sortit une qu'il alluma. Il observa un instant le point incandescent, puis porta le petit bâton de poison à sa bouche, et tira une longue et délicieuse première bouffée, qu'il recracha longuement. Ça faisait tellement de bien...
La porte derrière lui claqua.
Merde.
Sans réfléchir, il s'était remis dans la même situation que la dernière fois. Il inspira une nouvelle bouffée pour se donner du courage, la mâchoire crispée, et se retourna lentement.
Evidement. Le même.
« Monsieur Bushido...
- Bonsoir, Bill.
- Monsieur Swenzel, corrigea durement le brun. Il ne me semble pas vous avoir donné le droit d'entretenir une quelconque intimité.
Calmement, il inspira une nouvelle taffe. L'autre ricana et s'approcha lentement. Comme un chasseur.
Bill détestait être chassé.
« Il me semble pourtant que ça ne t'avait pas déplut.
- J'vois pas c'qu'il y a d'agréable quand y a que trois centimètres...
Nouvelle taffe. Le stress qui monte malgré la nicotine, malgré son sourire ironique, assuré.
Merde.
Il flippait.
Bushido continuait à se rapprocher de lui. Et lui ne bougeait pas. Plutôt sauter du toit que... qu'il recommence.
« J'me rappelle pourtant que t'avais bien gueulé !
Les doigts de Swenzel broyèrent sa cigarette. Son visage se durcit.
« Qu'est-c'que tu veux, Bushido ?! demanda-t-il durement.
Ses yeux étaient entièrement noirs, noirs de colère. Et de peur.
« T'as toujours pas compris ? C'que j'veux c'est t'baiser ! Tu cries comme une salope, et en plus t'en as le look... Tu dois aimer te faire baiser à quatre pattes dans les chiottes, toi, non ?
Bill s'avança et gifla violemment l'autre homme. Bien qu'il fût plus grand que lui, Bushido était plus fort. La gifle qu'il retourna à Bill le fit vaciller, et il tomba à genoux.
Encore.
Merde !!!
Il sentit la main de Bushido dans ses cheveux.
« ME TOUCHE PAS, CONNARD !!!
Il se dégagea violemment et tenta de se relever, mais Bushido lui assena un coup de pieds dans les côtes qui lui coupa le souffle et le fit retomber sur le béton, face contre terre.
Merde merde merde... MERDE !!!
Bushido s'accroupit près de lui, souriant.
« Alors ma salope, tu t'allonges déjà ? Je savais pas que ça t'avait tant manqué...
Ce disant, il glissa sa main sur la cuisse de Bill, et en profita pour le tripoter un peu. Bill avait envie de vomir, mais la douleur le sciait en deux. Merde, il commençait à flipper, et se maudissait de sa propre connerie. Il n'aurait jamais dû venir ! Et personne n'était là... comme la première fois. Malgré sa résistance, les mains de Bushido le forcèrent à écarter les jambes, et se placèrent sur son pantalon.
Non...
« Me touche pas, siffla Bill malgré son souffle presque inexistant.
- Garde ton souffle pour hurler, poupée.
Bill serra les dents et essaya de repousser son agresseur, en dernier recours. Bushido l'attrapa par la gorge et serra, l'étouffant facilement. Bill paniqua, luttant pour trouver de l'air, puis sa tête claqua violemment contre le béton et il gémit, à moitié dans les vapes. Il sentit une douleur lui vriller le crâne, et une partie de lui s'en aller, s'évaporer.
Il sentit vaguement les mains de Bushido défaire son pantalon et le baisser. Le béton ne lui paraissait presque pas froid contre la peau de ses cuisses.
Puis plus rien, plus de mains et plus de Bushido.
Le Noir.

*~*~*

Lorsqu'il reprit conscience, il avait froid. Il ne savait pas où il était, et ne voulait pas vraiment savoir.

« Il n'est plus là.
Il ne comprit pas. De qui, plus là ?
« Bushido. Bushido n'est plus là.
- Quoi... ?
Les flashs de ce qui s'était passé envahirent sa mémoire.
Il gémit et se recroquevilla sur lui-même, plaquant ses mains sur son visage comme pour se protéger.
« Bushido n'est plus là, répéta la voix masculine. Je t'ai ramené chez toi.
- T-Tom ?
- Oui.
Bill ouvrit les yeux.
Il était chez lui, emmitouflé dans sa couette. Les volets de sa chambre étaient fermés, il n'y avait aucune lumière. Tom était assis à gauche du lit, sur un siège du salon. Il le regardait doucement, mais sans pitié.
Bill se redressa un peu, et se frotta le visage. Sa joue, où Bushido l'avait frappé, lui faisait mal. Il grimaça un peu, et remarqua qu'il était torse nu. Il se recouvrit aussitôt de sa couverture et lança un regard noir au blond.
« Je t'ai juste soigné. Il n'a pas dû te fêler les côtes, mais tu auras quelque douleur pour te déplacer.
- Pas grave.
Silence. Bill brûlait de poser une question, mais...

« Il n'a pas eu le temps, fit calmement le dreadeux.
- Ow.
Bill rougit et baissa la tête.
« Qu'est-c'que... qui s'est passé... ?
- Rien. Je vous ai vus aller sur le toit séparément, et vous ne reveniez pas alors j'étais curieux, je suis monté et il... enfin bref, ne t'inquiète pas.
- M-Merci...
- Vraiment pas de quoi. Les mecs comme ça j'ai envie d'les buter.
Le brun frémit en sentant la colère du blond dans ses paroles.
« Et moi ? demanda-t-il timidement.
- Toi ?
Tom semblait surpris, mais Bill n'osa tout de même pas le regarder.
« Toi tu n'as rien à te reprocher.
Le brun sentit le lit s'affaisser, et les bras de son prestataire l'entourèrent..
« Tu es juste trop beau et irrésistible pour ton propre bien.
Hésitant, Bill se laissa aller dans les bras de son compagnon. Il n'en avait parlé à personne. Presque un an qu'il vivait avec ce secret. Un an qu'il ne sortait jamais plus seul, mais qu'il refusait le moindre contact poussé avec quiconque. Même une femme.
« Tu me trouves beau ? demande-t-il d'une voix enfantine. Moi je me trouve laid depuis... que...
- Qu'il t'a touché.
Bill hocha la tête.
« Il a posé ses mains sur moi, il n'avait pas le droit. Je n'ai jamais voulu... Pourquoi il l'a fait... ? J'ai rien demandé !!
- Je te l'ai dit, ronronna calmement Tom à son oreille en caressant ses bras du bout des doigts. Tu es trop envoûtant... Quelqu'un comme toi est comme une lumière pour des milliers de papillons... Nous sommes tous des papillons quand tu es quelque part...
- Même toi ? osa Bill.
- Mon comportement tout le long de la soirée n'a pas été assez explicite ? Oui, même moi... Du reste, je m'excuse d'avoir agi comme ça. Si j'avais su j'aurais jam-
- Non !
Bill sentit ses joues rougir et balbutia la fin de sa phrase.
« Enfin, euh... J'veux dire que... ça m'plaisait...
Il s'éclaira la gorge timidement.
« Si ça m'avait pas plu j'aurais arrêté...
Silence.

« Je te fais mal ? finit par demander Tom.
- Non, murmura Bill.
Ce qui était vrai, les bras du garçon étaient fermes mais suffisamment doux autour de lui pour ne pas réveiller la douleur de ses côtes.

« Non, pas du tout.
Ils sentaient qu'une grande gêne s'était installée entre eux. Bill ne savait pas quoi dire, il se sentait troublé que Tom, qui sortirait de sa vie dès le lendemain, eût appris ce qu'il cachait depuis tant de temps. Tom quant à lui ne savait pas que faire ; voir son client dans cet état d'inconscience alors que Bushido s'était déjà dévêtu l'avait entraîné dans une rage folle. Il espérait de tout son c½ur que personne ne le retrouverait avant plusieurs heures...
« Tom, pourquoi t'es monté ?
- J'te l'ai dit.
- Non. Je crois pas à l'excuse de la curiosité.
Coincé.
« J'voulais pas t'laisser seul avec lui...
- Pourquoi ?
- Euh...
- S'il te plaît, murmura Bill.
Protecteur, Tom le resserra contre lui.
« Grr, bon, ben j'voulais passer un peu de temps avec toi... seul.
- Ow.
Tom s'empourpra. C'était pas dans ses habitudes d'être aussi doux, même s'il savait se tenir. D'habitude les gens l'appelaient plus dans un but sexuel, déguisé sous un prétexte bidon ( dîner, soirée, etc... ) Mais Bill Swenzel l'avait demandé juste pour cette soirée, qui finalement s'était écourtée.
C'était inattendu, et peut-être était-cela qui le faisait agir de la sorte. Ou bien tout simplement son client.
« Tom, tu n'as pas répondu...
- A quelle question ?
- Tu me trouves beau ?
- Oui.
- Vraiment ?
- Bien sûr. Magnifique.
- Tu as envie de moi ?
Les yeux de Tom s'agrandirent de surprise.
C'est quoi cette question, un piège ?!« Euuuuh... Hem, je... Oui... Oui, bien sûr. Tu es vraiment magnifique, tu sais ?
- Tu m'veux pour quoi, pour baiser ou pour un peu plus ? demanda le piercé, un peu plus agressif.
- J'te veux pour rien, je ferais rien, répondit placidement le prestataire. J'ai pas à lever le petit doigt si tu veux pas. Et tu veux pas.
- ...
- C''est pas la peine d'me tester, j'te violerais pas Bill. Si j'en avais eu envie je l'aurais fait depuis longtemps. Si j'ai tabassé ce mec c'était pas parce que j'me disais que si t'avais plus confiance en moi ça serait plus facile. Personne mérite ça, toi moins que quiconque.
Le brun se tendit un peu. Soudainement il avait honte d'avoir pensé ça de Tom, d'avoir eut ces soupçons, alors que le blond l'avait sauvé d'un nouveau viol, ramené puis soigné, et enfin veillé.
« Désolé...
La main de Tom caressa son épaule.
« C'est normal.
Il recommença son geste, et un frisson naquit sur la peau de son client.
« Tu as froid, retourne sous la couette.
- Non.
- Bill, tu vas-
- Viens avec moi.
- Pardon ?
- Viens...
Le brun rougit fortement, osant à peine effleurer le regard du dreadeux.
« ... avec moi. Je... Pars pas tout de suite, s'il te plaît...
La main du dreadeux redressa le menton de Bill et le regard de Tom le sonda.
« Pas de problème. Tu m'fais d'la place ?
Le brun se poussa, et s'enfouit sous les couvertures. Il essayait d'être fort mais, il n'en menait pas large. Il remonta ses genoux contre sa poitrine, et les entoura de ses bras. Tom était entièrement habillé de son costume, alors que lui n'était vêtu que de son seul sous-vêtement. Il se sentait atrocement vulnérable...
Il sursauta lorsque la main du blond attrapa la sienne et se fit violence pour ne pas replier son poignet contre son torse. Tom se tourna lentement vers lui, allongé sur le flanc. Il sortit doucement son bras de la couette, et embrassa doucement ses phalanges en le regardant dans les yeux. Un geste de gentleman, qui apaisa quelque peu la jeune victime.
Tom enfouit de nouveau leurs mains sous la couette sans rien dire, les laissant juste entre eux deux. A la fois un lien et une barrière. Ils le savaient tous les deux.
Tom avait conscience que Bill se servait de lui pour conjurer sa peur, même s'il n'avait pas totalement confiance en lui. Mais il était prêt à l'aidero Le regard du brun lui parlait étrangement, et il ne voulait pas le laisser tomber comme ça.
Doucement, Bill rapprocha sa tête de l'autre garçon, quémandant silencieusement un peu de réconfort. Tom lui serra la main et combla la distance qui les séparait, calant la tête brune dans le creux de son épaule.
Ça faisait longtemps que Bill n'avait pas été en compagnie de quelqu'un, aussi intimement que ça. Cet homme qui était entré dans son lit alors qu'il était à moitié nu...

« Bill, appela le blond en passant le dos de sa main sur la joue exposée, Bill, dis-moi ce qui s'est passé.
Le brun se tendit.
« Non.
- Si.
- Non !
- Bill...
- Non Tom !!
Bill repoussa durement le prestataire, mais celui-ci noua ses bras autour de son torse et de sa taille, l'empêchant de fuir.
« Bill, dis-le-moi !
- Non !!
Le jeune homme commençait à paniquer, il ne comprenait pas pourquoi Tom voulait le forcer à revivre ça, alors qu'il avait cherché à le fuir depuis 10 mois...
« Bill, parles-m'en !
- NON !!!
- SI !!!
- Et tu veux que j'te dise QUOI ??? hurla brusquement Bill en relevant - enfin - la tête vers Tom. Tu veux savoir QUOI ??? C'que ça m'a fait quand il m'a enculé alors que c'était le premier ?!? Comment j'me suis senti humilié d'être à quatre pattes ?? Comment il m'a forcé à avaler son foutre et à lui dire que j'aimais ça quand il me baisait, que j'étais sa salope ?? Tu veux savoir QUOI ???
- Tout, souffla le blond en essuyant ses larmes. Tout... !
Bill se recroquevilla, appuyant ses poings sur ses yeux. Tom saisit doucement ses poignets et les éloigna de son visage, embrassant son front.
« Parles-moi Bill, je suis là et c'est pas pour rien... J'veux t'aider Bill, j'veux juste t'aider...
- Tu peux... pas... ! sanglota le jeune homme. T'peux ri-rien fai-aire, pers-sonne peut...
- Je peux si tu me laisse t'aider, Bill... si tu me laisses aller là-dedans, murmura Tom en posant sa main sur le torse de son client - juste un client ? - au niveau du c½ur.
Bill tressaillit à ce contact. Tom caressa lentement l'endroit du dos de sa main, souhaitant qu'il s'habitue à son contact. Il ne pourrait rien lui apporter si le brun ne lui accordait pas un minimum de confiance.
« Ça sert à rien Tom... Il l'a fait et il recommencera. Comme il voudra.
- Non. Pas si tu m'parles Bill. Ça ira mieux.
- Tu peux rien faire.
- Si tu m'aides pas, c'est vrai que je peux rien faire. Si tu ne me dis pas ce qu'il t'a fait, si tu ne me dis pas comment tu t'es senti... J'pourrais rien faire...
- C'pas dur de savoir c'qui s'est passé ! fit le brun d'un ton ironique.
- Moi je veux savoir comment toi tu l'as vécu.
- Mal.
- Mais encore ?
- Mais encore quoi ?! Il ma collé sa bite dans l'cul, Tom !! C'que t'as entre les jambes il l'a foutu entre les miennes, et figures-toi BIZARREMENT que j'ai PAS AIME !!!
- T'aurais dû ! se força à répondre Tom. C'est pas ton genre, de t'faire b-baiser contre les murs ??
Bill le gifla violemment et se redressa, sortant de son étreinte. Ses yeux étaient noirs mais pas de colère, et son visage crispé était trempé de larmes.
« Nan j'suis pas comme ça NAN !!! J'suis pas homo et je l'ai jamais été putain !! Tu sais pas c'que ça fait toi, de pas vouloir !! De sentir ces mains que tu n'as jamais désirées te toucher, salir des parties de toi que tu gardais pour quelqu'un de spécial, quelqu'un que t'aimerais vraiment, lécher ta peau à t'en faire vomir... Tu sais pas c'que c'est que d'te retrouver le cul en l'air et la tête dans le béton, en train de supplier pour qu'on te laisse, alors que lui il s'acharne sur toi de toutes ses forces, et qu'il gémit, qu'il dit que t'es sa salope et que tu l'mérites ! Et lui il est rien et il prend tout, il se sert comme il veut et il te donne rien, rien que de la douleur, et d'la honte... L'envie de crever, même pas qu'on t'sauve parc'qu'tu veux pas qu'on t'voie comme ça, cul par-dessus tête en train d'te faire baiser comme une chienne... Tu veux pas, tu veux rien, tu veux juste... qu'il arrête, que tout s'arrête, revenir en arrière et tu peux que crier, et lui ça l'excite et il te fait encore plus mal...
Tom enroula ses bras autour de Bill et l'attira à lui, leurs regards comme aimantés. Le brun tremblait, revivait tout, et les mains du blond sur lui étaient presque insupportables. Il avait envie de crier, de pleurer, de frapper et d'hurler.
Tom posa son front sur celui de Bill, ses mains remontant pour essuyer délicatement les joues mouillées de l'androgyne.
« J'suis là Bill.
Il lui caressa ensuite le dos, doux et réconfortant. Bill baissa les yeux, puis la tête. Tom nicha son nez dans les cheveux de son client, sans cesser ses caresses.
« Tom, pourquoi tu fais ça ?
- Parce que j'peux pas ne pas t'aider.
- Demain tu partiras.
- Peut-être, c'est vrai. Ça dépend de toi.
- Y a rien qui dépende de moi, murmura le jeune homme en enfouissant sa tête dans les vêtements du blond.
Tom lui caressa les cheveux et le poussa doucement dans son giron.
« Dors Bill, dors... T'en as besoin, et demain ça ira mieux.
- Demain rien ira mieux, souffla encore Bill, tristement. Car demain c'est fait d'aujourd'hui, et surtout d'hier... Et hier, je me suis fait baiser par mon pire ennemi.
Le brun ferma les yeux, et Tom resta choqué par ces paroles.

*~*~*

Dans la nuit, il se réveilla par une impression de froid. Il ouvrit les yeux et constata qu'il était seul dans ce lit trop grand pour lui, les couvertures repoussées au loin.
Seul signifiait que Bill n'était pas là.
Où, alors ?
Il se leva lentement, encore endormi, et passa dans le salon. Il entendit alors un petit bruit étouffé, comme... un souffle - humain ?
Il s'approcha et ses yeux s'écarquillèrent sous le choc.
Bill se tenait devant lui, caché entre le coin du mur et l'angle du canapé - invisible aux regards. Il était entièrement nu, et son corps tout entier, ses jambes, ses bras, son visages, son torse, son ventre - Tom ne voyait pas ses cuisses et n'osait imaginer ce qu'il avait pu y faire - portait de vilaines griffures rouges, violentes, dont certaines saignaient.
Et Bill sanglotait follement, renfermé sur lui-même, répétant faiblement « laver laver laver laver laver... ».
Tom s'accroupit près du jeune homme et posa ses mains sur ses genoux, relevés contre le canapé. Aussitôt Bill réagit, mais comme le blond l'espérait. Le noiraud commença à lui donner des coups de pieds en hurlant de manière hystérique, et il enfonça violemment ses ongles dans son avant-bras gauche, dessinant de nouvelles trainées rouges, plus sanglantes, à celles qui zébraient déjà sa peau si blanche. Tom se protégea le visage de ses mains, essayant d'échapper à ses coups.
Il savait bien que ç'avait été trop facile. Bill avait accepté son presque-second viol si calmement, que c'était impossible qu'il l'admette réellement. Il y avait encore trop de peine, d'incompréhension et de douleur en lui...
Bill cessa d'hurler et de frapper dès que le contact physique entre eux cessa, et il se replia comme auparavant.
« Bill ? Bill c'est moi, c'est Tom... Tom, tu m'entends ?
Le noiraud recommença à répéter le mot « laver » inlassablement, ses ongles frôlant sa peau déjà arrachée. Tom souffrait de le voir ainsi, si plein de sang et si perdu. Et en même temps, il avait peur.
Il se rapprocha timidement, n'osa pas un toucher.
« Bill, tu m'entends ? Réponds-moi s'il te plaît...
Bill se mura dans son leitmotiv, comme absent.
« Bill, je vais rien te faire, d'accord ? Laisse-moi juste te touch-
Le brun commença à tressaillir et à attaquer son second avant-bras à ces mots, et Tom préféra reculer.
« OK, OK - je te touche pas, je reste juste là, d'accord ? Je te toucherais pas, je te parlerais juste. Tu es d'accord, Bill ?
Le dreadeux avait l'impression de parler avec un petit enfant, un gamin à qui il fallait tout expliquer calmement, et avec une grande douceur.
Son enfant gémit et esquissa un mouvement de tête, que Tom interpréta comme un oui. Prudemment, il s'assit en tailleur, méfiant. Bill ne bougea pas, continuant juste de répéter « laver » en laissant ses mains aux ongles rougies glisser sur ses cuisses, ses mollets.
Le regard du prestataire se focalisa sur les blessures du brun, des marques réalisées à cause d'une peur et d'une colère sans nom, d'une terreur... de souvenirs atroces.
« Tu as mal, Bill ? demanda-t-il doucement.
Les mains du jeune homme s'arrêtèrent sur ses genoux. Tom remonta son visage sur son torse, suivant vaguement le tracé désordonné de ces horribles striures sanguinolentes pour arriver à son visage. Visage dont il ne voyait rien, car Bill baissait la tête et ses cheveux formaient comme un rideau protecteur..
« Tes griffures, elles te font mal, Bill ?
Le brun chouina et pressa ses genoux contre sa poitrine, les entourant de ses bras.
« Tu as très mal ? continua Tom tout doucement.
Nouveau couinement.
« Je pourrais te soigner, Bill. Je pourrais mettre un produit sur tes blessures pour qu'elles ne te fassent plus mal...
Son client commença à s'agiter un peu et à enfoncer ses ongles dans le dos de ses poignets, et Tom lui saisit violemment les mains.
« Arrêtes !! gronda-t-il sourdement en pressant son torse contre les genoux de Bill.
Celui-ci paniqua brusquement, envoyant des coups de pieds et de genoux, se tortillant pour s'échapper. Confus, le blond le pressa contre le mur grâce à son propre poids, et soudain le noiraud cessa tout mouvement. Il rejeta sa tête en arrière sur le mur, et le blond put alors voir son visage ravagé de larmes et de griffures, ses lèvres sanglantes d'avoir été mordues.
Le jeune homme était vraiment dans des états pitoyables.
Le dreadeux ne réagit que lorsqu'il sentit les genoux du brun s'écarter sous lui, et qu'il tomba entre ses jambes, déséquilibré. Tout le corps de Bill fut prit de tremblements, et il recommença à mordre sa lèvre en pleurant. S'il avait été nu, Tom aurait été dans la position idéale pour prendre Bill et le baiser comme bon lui semblerait entre le mur et le canapé.
Gentiment, Tom reposa les mains du brun sur son ventre meurtri, et s'écarta un peu, pas trop. Il referma doucement ses jambes et lui caressa les genoux en lui parlant calmement.
« Je ne te ferais rien de ça, Bill. Je veux pas te faire de mal, je veux juste soigner ces vilaines marques rouges.. Tu me crois ?
Aucune réaction. Tom glissa sa main sur la joue du jeune homme, caressa sa pommette brûlante.
« Tu me crois, Bill ?
Chouinement.
« C'est bien. Tu n'as pas à avoir peur de moi, pas du tout. Je suis ton ami, je vais t'aider.
Il continuait à caresser doucement le genou et la joue du méché, calmement.
Et soudain Bill se jeta sur lui et le cloua au sol.
Tom paniqua, perdu, que devait-il faire, que pouvait-t-il faire ?? Puis il sentit quelque chose d'humide glisser contre son cou, quelque chose de froid, quelque chose qui était des larmes. Alors il serra Bill contre lui de toutes ses forces, oubliant ses blessures.
« Tom...Tom...Tom...
Il caressa les cheveux du brun, gentiment. Il voulait juste l'apaiser. Bill était nu, et le moindre mouvement suspect pouvait le faire fuir, le faire devenir violent. Plus que la nécessité d'aider le noiraud, c'était la peur qui le motivait à cet instant. La peur de se faire frapper, blesser. La peur que chacun de nous a, naturellement.
Mais quand Bill commença à jeter son dévolu - et sa bouche - sur un petit bout de sa peau, il se crispa et le repoussa doucement. Il prit délicatement le visage du brun entre ses mains et lui caressa les joues de ses pouces, essuyant ses larmes. Le regard du brun était ravagé, et on ne savait qu'y lire, déchiré qu'il était entre la peur, la confiance, la souffrance, le désir et la colère.
« Bill, Bill écoutes-moi... Bill, calmes-toi et laisse-moi faire, OK ? J'vais t'aider...
Tom descendit ses caresses sur les bras de Bill, et il se redressa, l'asseyant en même temps que lui. Il glissa ses mains dans le dos de Bill, évitant sciemment le bas de son corps pour concentrer ses agissements sur les omoplates du jeune homme. Jeune homme qui se poussa dans son étreinte, le déséquilibrant légèrement. Le blond renforça son étreinte et intensifia ses caresses, protecteur.
La peur avait refluée au profit de cette envie - presque un besoin - de protéger l'être fragile entre ses bras, cette personne blessée aussi bien physiquement que moralement. Il exécutait de calmes cercles avec ses paumes sur les omoplates du noiraud, en le fixant gentiment dans les yeux. Les pupilles de Bill tressaillaient, ses yeux parcouraient constamment le visage calme de son vis-à-vis. Tom ne parla pas, laissant Bill se calmer à son rythme, se contentant de câliner ses épaules gentiment, savourant le défilement de la peau douce sous ses doigts.
Le brun s'apaisa lentement et nicha son visage dans le cou de Tom. Le souffle chaud du brun chatouillait le prestataire qui se retenait de frissonner, son cou avait toujours été l'une des parties les plus sensibles de son corps... Doucement, il incita Bill à se lever, et l'emmena vers ce qui lui semblait être la salle de bain.
C'était effectivement une salle de bain, carrelée de beige et ocre. Des tons doux pour une ambiance chaleureuse. Tom guida son compagnon docile vers la cabine de douche et l'y fit rentrer doucement, le plaçant sous le jet d'eau chaude. Il fallait ôter tout ce sang, et de toute façon une petite douche ne pouvait faire que du bien. Pendant que Swenzel trempait, le dreadeux fouilla placards et commodes pour trouver de quoi le soigner un minimum, tombant sur du désinfectant doux, des compresses et des gazes. C'était pas top, mais ça suffirait. Il installa le tout sur le rebord du lavabo, et retourna chercher son patient. Il ouvrit doucement la porte de la cabine, et Bill se tourna vers lui, l'air déjà plus calme. Son maquillage avait coulé et ses cheveux étaient tout aplatis sur sa tête, le rajeunissant énormément. Son regard était toujours vide, mais il adressa un léger sourire au blond. Celui-ci lui retourna, et tendit la main vers lui sans le toucher.
« Tu sors ? J'ai trouvé de quoi soigner ces vilaines blessures.
L'androgyne hocha la tête, et Tom s'éloigna pour se saisir d'une serviette qui traînait là, et lui donna sans le regarder. Bill l'enroula autour de sa taille et alla s'asseoir sur le rebord de la baignoire, près de Tom. Silence. Pas un mot prononcé par le brun, et le prestataire s'en gardait tout autant. Il s'approcha doucement de son client, munit de coton démaquillant imbibé de désinfectant. Il s'accroupit devant le noiraud et commença à traiter ses mains, silencieusement. Il progressa méthodiquement, remontant vers le torse du brun, l'apaisant par de douces paroles. Malgré la douche, ses légers contact retiraient du sang des plaies du garçon, Tom devait changer souvent de coton, jetant le carré de tissu rougit dans la poubelle, sous le lavabo.
Bill le fixait sans discontinuer, ne gémissait même pas lorsqu'il frottait les croûtes fraîches sur les rebords de ses marques. Une vraie tombe.
Lentement, Tom remonta ensuite des chevilles - elles aussi écorchées - vers les genoux, puis s'aventura sur les cuisses tendres du jeune homme. D'après ce qu'il en avait vu, c'était sans conteste l'endroit le plus meurtri, ce qu'il comprenait. Mais il devait soigner aussi ces blessures, et certain que Bill ne le ferait pas lui-même, il fallait alors que le brun enlève sa serviette et le laisse le toucher à cet endroit. Ce qu'il doutait fort d'être possible.
Il se racla la gorge, nerveusement.Il ne savait pas comment présenter la chose.
« Hem, Bill... Il... J'dois nettoyer aussi les blessures sur tes cuisses... Mais...
Il vit son vis-à-vis se tendre à ce « mais ». Un « mais » n'augure jamais rien de bon, tout le monde sait ça. Sa main agit immédiatement sur le poignet de son compagnon, et il le regarda enfin dans les yeux.
« J'te promets que j'te toucherais pas plus que nécessaire. Promis. Mais faut que j'les soigne Bill, ça doit t'faire mal, et... et c'est pas sain, souffla-t-il plus bas.
Pas sain. Non, vraiment pas. Mais pas malsain pour autant. Là était toute la différence.
« Je... On va faire un truc, d'accord ? Tu mets tes mains devant toi, comme ça moi je pourrais pas y toucher. D'accord ?
Il caressait toujours le poignet de Bill, et le fixait avec espoir. Il sentit la main du brun se défaire de sa faible étreinte, et ses bras nus, si maigres, glissèrent sur son torse découvert. Tom lui sourit, et lui caressa la joue.
« Merci.
Il prit un autre coton, l'aspergea de désinfectant et partit du genou gauche de Bill. Il soigna soigneusement les plaies du méché, jetant encore maints et maints cotons rouges. Il y allait lentement, souhaitant que son compagnon stresse le moins possible, même si ses mains commençaient à trembler. Le brun se tendait au fur et à mesure, malgré sa douceur, et le blond ressentait cette appréhension comme la sienne. En vérité, il avait peur de la réaction du méché lorsqu'il devrait passer son coton sur son aine. Cette partie si près du bas-ventre, à la fois transition et barrière.
Ses mains agissaient lentement, l'une soignant ces griffures sanglantes, l'autre caressant vaguement la cheville du garçon pour le calmer. Il finit par atteindre l'entrecuisse de l'androgyne, qu'il sentit se crisper nettement. Il leva les yeux vers lui et lui adressa un sourire encourageant.
« J'te ferais rien Bill, y a tes mains je peux pas te toucher.
C'était simpliste comme idée, mais Bill semblait y croire un minimum.
Le coton glissa doucement sur la peau fragile, qu'elle caressait de son volume pelucheux. Swenzel gémit un peu et Tom s'alarma.
« Bill, je t'ai fait mal ?
Le brun ne répondit pas, ses joues rosissant légèrement. Le blond rougit également à son tour lorsqu'il comprit, gêné.

« Ow. Euh, je... Désolé.
Il préféra retourner à sa tâche plutôt que d'exposer ses pommettes cuisantes.
Merde, je peux même pas me tenir !
Délicatement, un nouveau coton contourna les mains de Bill et glissèrent sur la seconde cuisse du jeune homme, achevant son ½uvre. Tom se baissa et déposa un léger baiser sur le genou droit de Bill pour lui signifier que tout était terminé. Comme un enfant.
Mais un enfant nu, blessé, et quand même supersexy.
« Voilà Bill, c'est fini.
Préférant laisser ces blessures à l'air libre au moins cette nuit, il commença à tout ranger sommairement. Il zyeutait régulièrement Bill, inquiet devant son mutisme. S'il n'avait pas beaucoup protesté sous son toucher, il n'avait toujours pas bougé, et ses mains protégeaient toujours pudiquement son sexe.
Il se mordit la lèvre, impuissant. Il ne savait que faire, et se doutait qu'emmener Bill à l'hôpital n'arrangerait rien - du moins, pas psychologiquement. Ce dont Bill avait le plus besoin en cet instant était de respect et d'amour, mais s'il continuait à considérer chaque contact comme une énième tentative malsaine, ça n'allait pas être évident de l'aider.
Soupirant, Tom revint auprès de Bill, et s'accroupit devant lui.
« Bill, on va retourner dormir, OK ?
Pas de réponse ; il s'en doutait.
« Tu vas rentrer dans ton lit, et moi je vais rester dans le canapé. On fermera ta chambre à clef si tu le souhaite.
Il déposa une dernière caressa sur la joue de Bill et sortit de la salle de bain pour retourner dans le salon. Il chercha vaguement quelque chose pour se couvrir cette nuit, et, bredouille, passa dans la chambre. L'autre homme suivait derrière lui, ses pieds nus créant un bruit mat et ténu que le sol moquetté.
Une fois dans la chambre, il se dirigea vers l'armoire pour y trouver des pulls et des jeans d'un côté, des tee-shirts, vestes et chemises d'un autre, des blousons accrochés sur des cintres.Pas de couverture, donc. Il prit le plus gros pull qu'il trouva et un pantalon de jogging, qu'il tendit à Bill.
« Habille-toi, sinon tu auras froid cette nuit.
Puis il se retourna et replongea dans l'armoire, cherchant un quelque chose, même au fond, qui puisse lui servir. Lorsqu'il se retourna, toujours bredouille, l'androgyne était sagement assis sur le bord du lit et le fixait silencieusement. Tom s'approcha de lui et s'assit à ses côtés.
« Bill, tu peux me donner une couverture s'il te plaît ?
Pas de réponse.
--''
« Bill ?
Le brun restait muet, se contentait de le regarder. .Tom le fixa avec interrogation, et discerna une lueur, qui naissait progressivement.Bill glissa son visage contre son épaule, puis dans son cou, posant une de ses mains joliment manucurées sur le genou du blond.Tom écarquilla les yeux, surpris du contact engagé par son client.La tête de celui-ci s'agitait dans son cou, comme un petit chat câlin.Le brun se rapprocha tout doucement de lui, son mouvement se traduisant par quelques agréables pressions modulées sur le genou du dreadeux.
Tom ne bougeait pas, surpris et heureux, hésitant quant à la marche à suivre.Bill finit par se blottir tout contre lui, ronronnant presque dans ses bras.Finalement, après un long temps de réflexion, le blond passa un bras autour de la taille du jeune homme, et glissa l'autre sur son avant-bras en de douces caresses.
Le brun était totalement détendu, le toucher de Tom ne semblait pas lui faire peur.Alors le blond se détendit à son tour, soupirant.
Il regarda Bill, qui releva soudainement la tête pour lui sourire.Tom le lui rendit, mais son sourire tomba lorsque les lèvres du noiraud se posèrent sur les siennes.
Il se tendit et son premier réflexe fut de pousser Bill, tentant de le chasser à l'aide de ses mains.Mais le jeune homme s'appuya de plus belle sur lui, s'accrochant à ses épaules. Il décolla ses lèvres un bref instant pour le regarder de ses yeux mi-clos, où brûlait quelque chose de puissant, puis replaça sa bouche sur celle du blond, suçant légèrement l'anneau qui l'ornait.
Tom ne savait pas quoi faire, repousser Bill ou accepter de l'embrasser ? Il ne voulait pas blesser le jeune homme, malgré que son désir pour lui soit violent, et il savait qu'il aurait certainement du mal à s'arrêter s'ils commençaient. Tom Kaulitz n'était pas habitué à ne faire les choses qu'à moitié.
Bill fit glisser son corps contre le sien lorsqu'il noua ses bras autour de la nuque du prestataire, et celui-ci céda. Ses mains se placèrent sur les hanches de l'androgyne, les flattant doucement au travers du tissu, et il répondit à la légère pression exercée par son client. Celui-ci poussa alors un peu l'échange, happant entre ses lèvres le petit anneau de métal et y faufilant sa langue. Tom gémit et le rapprocha de lui, cherchant sa bouche avec envie. Il savait qu'il ne devait pas forcer Bill, mais ledit Bill se montrait plutôt entreprenant, et en plus il avait ouvert la bouche en premier pour sucer son piercing. . Pour Tom c'était un signal, et il y répondait le plus naturellement du monde.
Il trouva enfin les lèvres de Bill et les lécha goulûment, effleurant ses dents et mordillant la lèvre inférieure du brun. Il se rappelait les délices que sa bouche renfermait, cette langue adroite et ce piercing électrisant... Sans plus attendre, il poussa sa langue dans la bouche du brun, attaquant directement son palais pour l'entraîner avec lui. Il gronda sourdement lorsque le piercing froid se frotta à son muscle, et approfondit le contact, rendant le baiser plus lent mais plus langoureux, plus enivrant.
Ses mains glissèrent sous le pull du brun, parcoururent le dos frémissant du jeune homme. Bill n'était pas du tout farouche dans ses bras, si bien qu'il finit par s'asseoir sur les genoux du blond, qui se régalait d'être chevauché par une telle créature. Le désir commençait à l'embrumer, et il sentait son sexe réagir au baiser torride que lui offrait le méché. Il débuta de lentes ondulations du bassin, des mouvements savoureux qui réchauffaient doucement leurs corps. Ses mains remontèrent le long de la colonne vertébrale du brun pour l'inciter d'une pression sur ses omoplates à s'appuyer sur le dreadeux, qui dévorait sa bouche avec délices. Leurs lèvres se séparèrent brièvement avant de se retrouver, leurs langues luttant deux la bouche de Bill, ou dans celle de Tom, pour le contrôle du baiser.
Le dreadeux s'allongea sur le lit, entraînant son compagnon - futur amant ? - avec lui, l'enlaçant d'autant plus fort qu'ils étaient déséquilibrés. Il descendit ses mains sur les reins de Bill, continuant sur ses fesses. Leurs bassins se frottaient lascivement, de plus en plus fortement. Tom menait principalement la danse, et Bill se laissait faire docilement, répondant à ses baisers et à ses roulements de hanches. Il semblait calme, mais Tom sentait son c½ur tambouriner contre sa poitrine, et ses mains tremblaient dans sa nuque. Excité, le blond tenta de pousser Bill, écartant les jambes pour y placer Bill et accentuer leurs frictions érotiques. Il était en train de perdre la tête, et se délectait du plaisir que lui procurait le corps si désirable de Bill Swenzel sur le sien, ce corps désirable et désiré. L'image de Bushido lui traversa l'esprit, et soudain il se figea.
// Bushido \\
// Bill \\
//Bushido qui viole Bill \\

Non !!
Il repoussa brutalement Bill, s'éloignant de lui le plus vite possible. Il haletait, et pas seulement parce qu'il avait réalisé qu'il était en train de s'exciter sur un homme violé et traumatisé.
Merde, si ce salaud rasé n'avait pas fait interruption dans son esprit, il l'aurait baisé comme ça, pas violemment mais... sans amour. Et ça, le brun n'en n'avait pas besoin, mais alors pas du tout.
Apeuré, il leva les yeux vers le brun, assis en tailleur de l'autre côté du lit. Le jeune homme gardait la tête basse, si bien que son visage se trouvait caché par ses cheveux. Ses mains se tortillaient nerveusement, ses ongles écorchaient sa peau. A cette vue le sang de Tom ne fit qu'un tour, et en moins d'un souffle il poussait délicatement la petite tête touffue du brun dans son cou, ses mains agissant dans son dos, lissant soigneusement son pull.
« Ecoutes Bill, je suis sincèrement désolé, murmura-t-il dans les cheveux noirs qui lui chatouillaient la mâchoire. Je... J'ai perdu la tête, et... enfin j'ai aucune excuse, j'le sais. Tu... tu semblais consentant, alors j'ai... oublié.
Il se sentait pitoyable, et Bill qui ne répondait rien, à frotter son visage bouillant dans son cou, n'arrangeait rien à ce sentiment.
Il frotta sa main contre le crâne du méché, doucement.
« Mais si tu veux, si tu... accepte, on peut... faire une autre tentative, et là j'te promets que ça sera mieux... C'est comme tu veux Bill...
Silence. Bill continuait de frotter son visage dans son cou, et soudain Tom y sentit... de l'eau.
« Oh non, Bill...!
Il se recula et fit en sorte que leurs regards se croisent. Les yeux noisettes du jeune homme étaient noyés de larmes, qui perlaient au coin de ses paupières.
« Bill, Bill je suis désolé... je... J'suis désolé ! répéta-t-il piteusement.
Il baissa la tête, et souffla violemment. Il avait eu tord de se laisser emporter comme ça. Il connaissait le passé violenté de Bill, et pourtant il s'était laissé aller, il avait cédé à ce désir juste stupide...
Gott, j'suis juste un connard...
Il commença à se tordre méchamment les doigts, coupable. Des doigts manucurés se posèrent sur ses mains, et lorsqu'il releva la tête il eut juste le temps de voir les yeux clos de Bill que l'androgyne l'embrassait de nouveau.
Il se tendit brièvement, surpris, puis décida qu'il devait se rattraper, et se montrer le plus doux possible. Bill devait reprendre confiance, et pour ça Tom devait lui montrer qu'un baiser - voire plus, mais ça il ne lui montrerait pas - ça pouvait être doux et délicieux, que ça pouvait faire naître des papillons dans le ventre et des nuages dans la tête. Il dégagea tout doucement ses mains et enlaça ses doigts à ceux du brun, qu'il ne sentait pas rassuré malgré son initiative. Il se maudit davantage encore de ne pas avoir su percevoir la passivité du brun, qui lui sautait maintenant aux yeux.
Alors il chercha à s'excuser, happant délicatement la lèvre supérieure de Bill et jouant délicatement avec. Il s'efforçait de rendre ses gestes le plus doux possible, de les imprégner de toute la douceur qu'il avait en lui. Bill répondit d'une légère pression à son embrassade.
Tom caressa de ses pouces le dos des mains du brun, et sentit ses doigts manucurés s'enrouler autour de ses poignets. Il retira ses lèvres brièvement et les reposa sur la bouche de son client, calmement, plusieurs fois. Il modulait la pression qu'il exerçait avec ses lèvres, et refroidissait ses ardeurs. Il ne demandait qu'à goûter encore les tièdes délices conservés dans la cavité buccale du brun. Mais il devait se contenir, il le savait et se promit de ne pas céder. Doucement, il bascula sur le côté, glissant ses bras autour de la taille du brun. Allongés tous deux sur le flanc, ils étaient à égalité, sur le même plan.
Bill se laissait délicatement embrasser, à la fois tendu et désireux de sentir de nouveaux ces contacts chauds et humides. Il savait d'expérience que Tom embrassait divinement bien, et même s'il avait été apeuré par le désir peu dissimulé dans ses contacts précédents, il ne pouvait nier que ces premiers s'étaient avérés délicieux. Il sentait les mains du blond agir sur lui, doucement, appliquées et fermes. Tom donnait l'impression de savoir exactement ce qu'il faisait, et ça rassurait Bill, qui n'en menait pas large. Il frémit lorsque Tom entrouvrit la bouche et qu'il sentit la chaleur de sa bouche contre ses lèvres. Tout était beaucoup plus lent que tout à l'heure, tout était plus calme et moins sexuel. Il appréciait, il aimait.
Puis le dreadeux lui lécha doucement les lèvres, lentement. Plusieurs fois, poussant parfois dans le creux sensible de ses lèvres. Bill trouvait ça bon, alors il ouvrit un peu la bouche pour capturer la langue de Tom. Celui-ci se fit taquin et suça doucement la lèvre inférieure de son client. Contrarié, Bill coinça la langue de Tom entre ses lèvres, et commença timidement à la sucer. Les mains de son prestataire le cajolaient lentement, passant sur son dos sans forcer la barrière du pull. Ce geste simplement doux réconforta Bill, et il ouvrit la bouche pour emmêler sa langue à celle de son compagnon.
Un baiser de cinéma commença alors, un échange où chacun cherchait sa place, Bill hésitant entre la hardiesse et la passivité consentante, Tom poussant le brun à dominer le baiser. Leurs muscles s'enroulaient doucement, se caressaient lentement. Ils n'étaient pas pressés, Tom voulait prendre tout son temps. Il serra Bill contre lui, fort, comme s'il voulait le fondre dans son corps, et emmêla gentiment leurs jambes. Il était chaud, et Bill ronronna. Il adorait ce qu'ils faisaient. Il s'enhardit, sa langue se tordant plus vicieusement, faisant gémir Tom qui acceptait sagement sa domination.
Il sépara un court instant leurs lèvres et revint poser plusieurs smacks légers sur la bouche humide du noiraud, à la fois paresseux et langoureux.
Car après tout, ils avaient toute la nuit...

*~*~*

Il ouvrit les yeux sur du vide. Son cerveau mit un peu de temps à enregistrer l'information. Une fois ce vide assimilé, il s'étira longuement et se leva, se grattant distraitement le bras gauche. Il passa dans le salon, et vit Swenzel sur le balcon, calé dans un fauteuil à siroter une tasse fumante. Il fredonnait doucement, et le fil noir de ses oreillettes contrastait sur le pull blanc qu'il portait de la veille.
Il s'approcha doucement et s'accouda à la rambarde.
« Bonjour.
- Bonjour Tom, répondit calmement le brun.
Silence.
« Ça va ?
- ... oui...
Tom eut un léger sourire, et tourna son visage vers son client.
« Je vais mieux, merci...
Léger rougissement. Bill détourna les yeux et rougit doucement.
« Tu as été parfait. Merci..
- Pas d'quoi, c'est normal. T-Vous m'avez vraiment fait peur hier...
Bill releva la tête vers lui, plongea son regard pénétrant dans celui du blond.
« Tu, dis-moi tu.
L'assurance de l'androgyne sembla soudain fondre comme neige au soleil, et il piqua du nez, contemplant sa tasse.
« Je... J'men doute, et... merci de m'avoir... aidé.
Il accompagna ce dernier mot d'un geste vague du bras, et Tom comprit qu'il parlait de l'épisode de la salle de bains. Il lui sourit gentiment, et se pencha pour lui piquer sa tasse.Bill le fusilla du regard, outré, tandis que Tom but un peu, malicieux.
Café. Noir, serré. Un truc à t'en démoléculariser l'estomac.
Il rendit la tasse à son propriétaire..
« Bill, tu permets que j'me douche ?
- Oui, bien sûr. Tu connais, hein ?
Sur ce, le brun reporta son intérêt sur la vue de la ville sous le ciel bleu pâle, le soleil à peine levé. Il faisait frais, mais il était couvert. Et de toute façon, il aimait ça.
Tom quitta le balcon ; direction, la salle de bain.

*~*~*

« Je sais pas si on se reverra, alors j'te dis au revoir Bill.
- Ouais. Salut. . Merci pour tout hier soir, et j'te souhaite de la chance pour... ben, plus tard.
- Merci. Toi aussi.
Silence. Porte toujours ouverte, encore une transition...

« Bill, essaie... d'en parler. Même à un psy. T'en as besoin... C'est pas moi qui ai tout changé en une nuit.
- Non, mais tu m'as aidé. Et...
Rougissement, regard qui se baisse.
« J'ai aimé.
- Moi aussi. Beaucoup. Peut-être trop, même.
Léger rire, sourires.
« Ouais, mais... t'as pas été trop loin. Ça a été. Ça va.
- Ok... C'est bien alors, j'imagine.
- Ouais, j'crois.
- Ok.
Silence.
« Bon, ben j'vais y aller hein, j'vais pas passer toute ma vie sur ton palier, si ?
- Non, en effet...
Petit silence.
« T'es un type bien Bill, t'es cool et t'es pas encore pourri par toutes ces paillettes que j'ai vues hier soir. Alors prends soin d'toi.
- ... oui... Merci.
Regards qui se croisent ; l'un est doux et ferme, l'autre reste timide, hésitant. Puis les deux sont soudain aussi assurés l'un que l'autre, et un sourire s'étale sur les lèvres de l'androgyne.
« Toi aussi Tom. La personne qui partagera ta vie aura de la chance.
- Hmpf ! La corde au cou c'est pas fait pour moi, les nanas sont trop chiantes !
- Et les mecs ? suggéra malicieusement le brun.
Regard pervers, joueur.
« Hum, s'ils sont tous comme toi ça pourrait s'faire...
Sourire amusé..
« ... mais pas tout d'suite^^
- Ouais OK, ria Swenzel, vas-y l'Don Juan, barres-toi d'mon palier !
- Don Juan ?
- Huhu, fit le jeune homme en souriant malicieusement.
Tom s'approcha rapidement de lui, et déposa ses lèvres sur les siennes. Le dos de ses doigts caressa doucement la joue fragile de l'androgyne pour le rassurer, et il sourit en sentant Swenzel répondre naturellement à son baiser.
« Oui, peut-être, murmura-t-il à l'oreille du noiraud. Mais des fois ça a du bon.
Un dernier baiser, et le blond regagna l'ascenseur.

*~*~*

Tom sortit du bâtiment sans se retourner. Car après tout, Bill Swenzel n'était rien de plus qu'un client.















die ENDE























J'essaie de poser ce OS pour vous dédommager du manque de chapitre depuis vendredi soir dernier [maintenant ça fait deux semaines]... --" Quand Sky' merde, il le fait pas à moitié. Brefle.

Ma bêta n'as pas aimé la fin, étrange n'est-ce pas ? Moi j'aime bien... J'suis assez fière de ce OS, d'autant plus que c'est le premier de cette longeur !! =)

Donnez-moi vos avis SVP !!!























SPECIAL Xx-From-Yesterday-xX :
J'suis pas mourut, c'est sky qui me deaaaad la tête U_U
Soyez tous et toutes sûr(e)s que, si silence de ma part pendant deux semaines, c'est que sky merde --" Sinon j'suis en vacances en Normandie XP Mais vous seriez préviendues, donc...^^



























***











Lya
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# Posté le mardi 27 mai 2008 13:37

PrOpOsiitiiOn





A LIRE SVP !!!

A LIRE SVP !!!

A LIRE SVP !!!

A LIRE SVP !!!

A LIRE SVP !!!








Vu mOn manqu3 d3 r3gulariit3, j3 prOpOs3 un3 alt3rnatiiv3 :

J'ai 3criit un3 autr3 fic 3n parrall3l3, quii e3t arriiv33 au 29° chapiitr3. L'iid33 3st qu3 j3 post3 un chapiitr3 d3 c3tt3 fiic lOrsqu3 c3luii sur Niicht m3iin Brud3r manqu3raiit à v3niir.

3n sachant qu3 dOnc, L33r [tiitr3 d3 l'hypOth3tiiqu3 nOuv3ll3 fiic] pass3raiit apr3s Niicht-m3iin-Brud3r.

J'att3nds vOs aviis, j'3n v3ux au mOiins 20 - pOsiitiifs Ou n3gatiifs - avant d3 m3 d3ciid3r. A vOs clavii3rs !




Lya
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PrOpOsiitiiOn

# Posté le mardi 27 mai 2008 13:59

La YAC ?

La YAC ?










J'ai été prise dans la YAC !!!


|>>> Qu'est-ce que la YAC ?
Nom entier : TH Yaoi Authors Community. Tout est dit dans le nom je crois^^
Principe : Un rassemblement d'auteurs [Elf, Ely, Lucy, KM, Sinièn, etc... *-*], auxquel(les) VOUS, gentil(le)s petit(e)s yaoistes, proposez vos idées de OS. Nous sélectionnons les idées qui nous plaisent et rédigeont l'OS désigné, qui est ensuite affiché sur le blog au fur et à mesure. C'et un concept de KM qui se suicide en montant ce projet ( génial, soit dit en passant ), alors aidez-nous à le faire vivre ! ☺ Nous avons besoin d 'idées pour fonctionner, et plus y en a mieux c'est ^.^





De même, je vous dirigerais avec bienveillance XD sur Diiviin3 COm3dii3, un blog à l'origine de l'idée de KM. OS d'Ely en folie, enjoy^^




[ J'ajouterais que le chapitre 2 de ma seconde fic est posté, après un long temps d'absence il est vrai. merci à Je m'apelle Tom de m'avoir filé ce gros coup de pied au cul, >
Pour lire, c'est ICI : Just Madn3ss
]



Lya
Musiic is liif3
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# Posté le dimanche 01 juin 2008 15:37

Modifié le samedi 20 décembre 2008 13:30

03

03





Un nouvel OS pour vous dédommager du retard de la fic. J'crois que j'ai intérêt à en écrire beaucoup XD
Pendant la période de BAC, peu de chance qu'EmMa puisse me l'envoyer, donc... patience ! Et donnez-moi vos avis sur l'article
PrOpOsiitiiOn, il m'en manque encore 9 !






Inapte à l'amour ?
















Je claque la porte et m'appuie dessus. Mes vêtements mais surtout mon corps sont trompés, j'ai froid et je tremble. Je laisse tomber mon sac par terre et marche lentement vers la salle de bains, tête baissée. J'me sens mal.
La maison est vide. J'enlève mes chaussures au bas des marches. Le bruit mat de leur chute ne me fait même pas tressaillir. Il fait noir mais je connais cet escalier par c½ur, les ondulations du bois sous mes pieds, le poli lisse des fibres autrefois rugueuses.
J'atteins la salle de bains et y entre en allumant la lumière. Je retire aussitôt vêtements et les abandonne au sol. Je me mets face à la glace, et me détaille. Mes yeux vides parcourent mon visage.
J'ai les traits tirés, fatigués. De grands cernes noircissent mes yeux ternes, d'horrible traces noires salissent mes jours, ma peau trop blanche me fait ressembler à un cadavre, ma bouches est presque aussi pâle et trop grande. Mes cheveux de rats crevés collent à mon crâne trop petit. J'suis moche. Finalement, je comprends pourquoi personne ne veut de moi.
Je me retire cette horreur des yeux, et pénètre dans la cabine de douche. Je mets l'eau à fond, le plus chaud possible. Chaque goutte pareille à une aiguille chauffée à blanc, mais ça me purifie, alors... c'est bon... De glacé, mon corps devient rapidement brûlant. Ma peau rougit, la fumée envahit le petit espace. J'halète, lève la tête vers le jet d'eau. Je me sens brûler, mon c½ur tape si fort dans mon torse, si vite... Je me frotte le visage avec mes ongles, mes paumes, mes poings. J'ai chaud, l'eau ruisselle sur moi, mes yeux se troublent. Un vertige me prend, je vacille. Ma main se tend vers la poignée d'arrivée d'eau. Il me semble que mes forces m'abandonnent, je force pour éteindre l'eau, je glisse, je tombe. Aie... Tout tourne, j'ai mal à la poitrine...
J'me sens mal, comme dans un brouillard, ça tourne autour de moi, se mélange, devient flou, le mur tangue, dans un dernier effort je L'appelle...
« Tom...

i*i
i*i
i*i

Ma tête tourne, je tremble, j'ai froid et je transpire. Gott, j'ai mal au crâne... J'essaie de me tourner mais mes bras sont lourds, mes jambes ne répondent plus... Mes paupières sont de vraies chapes de plomb, impossibles à soulever, j'ai soif et mal à la gorge...
Mon Dieu, dans quel état suis-je ?
Sans que je m'y attende, je commence à sangloter. Doucement au début, puis de plus en plus fort, jusqu'à en hurler. Ma migraine empire, j'ai l'impression que mon crâne va exploser tellement je sens le sang pulser dans mon cerveau. C'est affreux. Et je hurle, je crie ma souffrance et m'étouffe avec mes pleurs.
J'entends soudain un bruit de pas précipité.
Et soudain, je me retrouve fermement plaqué contre une surface ferme et parfumée.
« Oui, oui j'suis là, sshhht ne crie plus... Ça va t'faire mal...
Je ne sais pas qui c'est, mais l'individu me serre et me berce. Pourtant je continue de crier et de pleurer tout ce que je peux, et la personne de me serrer contre elle et d'essuyer mes larmes. Ma tête me tourne, je brûle de l'intérieur dans alors qu'un agréable souffle frais caresse mon corps nu. Je ne peux toujours pas bouger mes bras ou mes jambes, ni même soulever mes paupières, seule ma gorge vibre alors que je gueule comme un fou.
Epuisé, je m'endors comme une masse dans les bras de... cette personne que je n'connais toujours pas.

i*i
i*i
i*i

Il me semble que je délire comme ça pendant un long moment, alternant crises de larmes ou/et de cris, et périodes de profond sommeil abrutissant.
Pourtant, au bout d'un moment, je suis capable de ma retourner dans mon lit et d'ouvrir les yeux. J'ai toujours très mal au crâne, je transpire comme une bête mais ne grelotte plus frénétiquement, c'est déjà ça. Cependant, la tête me tourne toujours autant et je sombre dans le noir après quelques minutes de conscience, à peine.
Je suis une loque humaine.

i*i
i*i
i*i

J'ouvre les yeux. J'ai mal, mon corps tout entier est engourdi mais j'ai faim. Il faut que je mange.
Je m'extirpe de la montagne de couvertures qui me recouvre et sors lentement du lit, vacillant. Mes jambes tremblent et chaque pas soulève mon estomac. Mon c½ur bat vite, j'halète et me tiens aux murs et meubles pour avancer. Je traverse la pièce péniblement.
Et au fait, comment j'suis arrivé là ? J'étais...j'étais dans la baignoire, et... non, la douche. La douche ? Je suis tombé ? 'faut croire. Mais alors comment je suis arrivé là ? C'est cette personne qui est venue quand j'hurlais ? Qui est-ce ? Je l'ai peut-être rêvée...
Tout est silencieux, il n'y a que mes pas balourds qui résonnent dans ma tête comme un marteau-piqueur. Je tends la main vers la porte en effectuant un dernier pas, laborieusement.
Je m'écroule.
Un cri de douleur m'échappe et je laisse ma tête cogner douloureusement par terre. Tout tourne, j'ai de nouveau chaud, et mes membres sont tétanisés. Je brûle... Je ferme les yeux et me sens partir. Le parquet me semble si frais... J'ai l'impression que sa surface moelleuse apaise ma migraine, et je lâche un petit soupire de contentement.
La porte claque. Ça résonne comme un ouragan dans mon cerveau et je gémis. J'ai mal... !
On entre.
On me prend dans ses bras, me parle. Me touche. Je me laisse faire par On, de tout de façon j'peux plus bouger. J'crois qu'je suis sur ses genoux, On est par terre avec moi... On prend mon visage entre ses mains et le relève doucement. J'ouvre lentement les yeux, mes paupières sont si lourdes... Je vois flou un moment, une vague forme humaine se dessine devant moi, puis les contours s'affirment, se stabilisent. Je me noie dans deux océans chocolats, et une joie sans nom inonde bêtement mon c½ur.
« Tomi...
Mon Tomi... ♥
« Bill...
Il me caresse le visage. Sa main me brûle.
« Tomi, je répète faiblement.
Mes yeux semblent glués aux siens.
« Oui...
Mon Tomi...
J'essaie de lever les bras vers lui, mais l'effort n'a rien de concluant, à part que ma migraine s'amplifie. Mais il semble comprendre et se penche vers moi, se collant contre mon corps. Ses vêtements me cachent sa peau, c'est dommage... Son visage se rapproche, et il dépose un doux baiser sur mon front. Ses lèvres sont toutes fraîches.
« Tomi, je murmure, pars pas...
Il me chuchote entre plusieurs bisous qu'il ne me laissera jamais. Et je le crois, et je souris. Car Tom n'est pas eux, et surtout pas Elles.
Il me répond par le même sourire, et dépose un smack insistant sur mes lèvres. Je ferme les yeux. C'est doux, bon, et malgré toutes mes douleurs, l'espace d'un instant, je me sens bien. Mon Tomi...
Il se retire et frotte son nez au mien. Il me demande pourquoi je me suis levé au lieu de rester au lit, et je lui avoue simplement.
« J'ai faim.
Il sourit et dit qu'il va m'apporter à manger, mais qu'avant ça il faut que je me recouche. J'en profite pour le questionner sur le temps de ma léthargie. Son visage s'assombrit aussitôt. Ça me pince le c½ur. Mon Tomi...
« 4 jours, répond-il à mi-voix.
Timidement, je lui demande ensuite depuis quand il est là. Il me dit qu'il est arrivé pas très longtemps après moi, vu que mon corps était encore mouillé, brûlant et rougi.
Il s'arrête et me tourne face à lui. Son visage est sérieux, ses yeux sont graves.
« On parlera de ça, Bill. J'veux savoir pourquoi t'as fait ça, pourquoi... t'as voulu m'laisser tout seul.
Le silence tombe comme une chape de plomb sur des déchets radioactifs. Son regard me fixe, dur mais surtout interrogatif, et je ne peux que me replier sur moi-même dans ses bras, fuyant ses yeux qui pourtant toujours me rattrapent. Tomi arrête j't'en supplie...
« Tomi...
C'est juste une plainte, un truc minable qu'il ne doit sûrement pas avoir entendu. Pourtant, il me rapproche de lui et recommence à marcher vers le lit. J'me sens pitoyable, j'suis gêné et penaud. Je sens bien qu'il veut me faire sentir ce reproche, d'ailleurs il irradie même de son bras passé autour de ma taille alors c'est pas difficile. Il n'a jamais aimé me voir malade, et là j'ai essayé de... me tuer. J'n'ose même pas imaginer c'que j'vais m'prendre dans la gueule...
Mais en attendant, il me dépose doucement sur mon lit et me recouvre de la couverture un peu humide. Beurk. Mais je ne dis rien, accepte le baiser de mon frère et le regarde s'éloigner rapidement.
Je soupire et ferme les yeux. J'ai encore mal, chaud et la tête qui tourne, mais je ne tremble plus et de toute façon, une pensée occulte tous, ou presque, ces désagréments. Tomi. Il s'est occupé de moi pendant ces 4 jours, pendant toutes les heures où je délirais. Un sourire m'échappe. Je l'aime... Et quelque part, une évidence qui fait gonfler mon c½ur de remords : j'suis con. Qu'est-c'qu'il aurait fait sans moi, mon Tomi ? Nouveau soupir.
Je suis *très* con.
L'odeur de la bolognaise allèche mes narines lorsque Tom ouvre la porte. Il tient d'une main un plateau garni d'un pichet d'eau claire qui me donne aussitôt très soif, et d'une assiette de spaghettis bolognaises largement servie. En dessert, un de ces délicieux muffins pomme-cannelle que j'apprécie tant. Je fonds. Il referme la porte et s'approche de moi. Je le regarde. Il a l'air fatigué. A cause de moi, sûrement.
Il dépose soigneusement le plateau sur mes genoux et s'assoit sur le lit au niveau de ma hanche. Nos regards s'accrochent. Je m'excuse silencieusement alors que lui m'envoie une vague de chaleur au creux du corps. Ça fait du bien... Il tend la main pour caresser ma joue tendrement, puis le reposer sur sa cuisse, comme l'autre.
« Mange, p'tit frère.
Je lui souris et hoche la tête avant de m'attable à mon assiette. Comme toujours, les pâtes sont délicieuses. Je sens que ça me fait du bien, de manger, d'avoir enfin quelque chose dans l'estomac. Alors je continue d'avaler, remplissant mon estomac vide depuis au moins trois jours. Je finis rapidement mon assiette, raclant le fond avec un bout de pain. Je bois ensuite un peu, et me lèche les lèvres comme un chat repu. La main de mon frère s'avance et fouille vivement la couette, pour se poser sur mon estomac. Il caresse l'étendue plate de sa paume chaude. C'est agréable.
« Ça va mieux ?
- Vi !
Il s'installe plus en avant sur le lit et vient se blottir tout contre mon torse, repoussant les couvertures au profit de sa chaleur. Je n'm'en plains pas. Il se saisit du muffin et en arrache un petit bout, qu'il monte vers ma bouche. Je le prends docilement et savoure le petit croustillant si subtil de la croûte, le sucré pétillant de la pâte parfumée. C'trow bon *-* Il me fait manger mon muffin comme ça, doucement, silencieusement. Il pèse sur mon torse comme un gros chat, pas si différent puisqu'il ronronnerait presque. Je baisse la tête pour embrasser ses dreads. Je l'aime...
On finit le muffin, il en a mangé un peu. Il change alors peu de position, passant un bras possessif autour de ma taille, sa main sur mon ventre nu. Sa tête se loge naturellement dans mon cou, comme s'il était prévu à cet effet. Je lève péniblement un bras pour l'enlacer et descends ma main lourde pour l'entrelacer à la sienne sur mon ventre. J'en ressors épuisé, j'ai mangé mais suis toujours aussi faible. Ma migraine cogne, et je recommence à transpirer.
« T'es fatigué p'tit frère ?
- Oui, j'halète à moitié.
- Dors encore, t'en as besoin Bill.
Je le sens bouger pour s'extraire du lit.
« Non, reste. Toi aussi t'es fatigué, ça s'voit.
Il me regarde, un peu gêné. J'me sens coupable, parce que c'est moi qui suis la cause de sa fatigue, ça a dû être horrible pour lui de me voir comme ça pendant 4 jours... Je n'le reconnaissais même pas... Pauvre Tomi, si tu savais comme je t'aime pourtant !
« Tu as déliré pendant 4 jours... murmure-t-il sans me regarder.
- C'est pas ta faute, alors viens te recoucher, dis-je de ma voix la plus ferme possible.
C'est pas trop réussi, mais il ne répond rien et se réinstalle confortablement contre moi. Je replace mes bras tout aussi difficilement, et ferme les yeux aussitôt après. J'ai tellement mal au crâne...
« Ça te gêne si je me mets en boxer ?
Papillons dans mon ventre. Il est le seul à n'avoir jamais eu peur de moi. Un léger sourire s'empare de mes lèvres.
« Bien sûr que non...
Je le sens se tortiller pour ôter ses vêtements, et je soupire de bien-être lorsque sa peau nue, si douce et chaude, se plaque contre la mienne. Je réprime un sanglot. Voilà bien longtemps que je n'avais senti la douce chaleur d'un corps contre le mien... Il m'attire contre lui et je m'y blottis avec bonheur. Malgré mon état, certes des plus piteux, je me sens bien dans le creux de ses bras, la tête enfouie dans son torse, dans sa chaleur, dans son odeur apaisante. On s'endort comme ça, et pour la première fois depuis bien des jours, je sens un c½ur battre contre le mien. Son c½ur.

i*i
i*i
i*i

J'ouvre les yeux doucement. J'ai chaud, et je transpire un peu. Mais je n'me sens plus alourdi, et ma main remonte presque facilement dans la nuque de Tomi. Il dort sagement, le visage niché dans mon cou, la bouche entrouverte si près de celui-ci que je sens la chaleur de ses lèvres, et que son souffle me fait frémir. Il m'enlace fermement malgré son sommeil, comme s'il avait peur que je m'envole de nouveau. Il est vraiment adorable. Je le regarde dormir. Tout est silencieux, même sa respiration paisible ne se fait pas entendre. Ne seraient son souffle balayant mon cou, et son ventre qui se meut faiblement contre ma hanche, j'aurais pu croire qu'il était mort... Il doit être vraiment fatigué, mon frère... S'il m'a veillé pendant ces 4 jours, il n'a pas dû dormir beaucoup, et cette petite sieste ne peut pas lui faire de mal. Les petits cheveux de son front dressent comme une petite auréole autour de lui, c'est adorable. Je gâgâtise complètement devant mon frère, mais que voulez-vous, il est tellement craquant, et surtout, je l'aime tellement...
A bien y réfléchir, j'ai dû lui causer beaucoup de peine et... de douleur. Je n'ose imaginer ma réaction si je l'avais trouvé lui comme il a dû me récupérer... Je lève ma seconde main pour venir caresser légèrement son front un peu soucieux. Je suis désolé, mon Tomi. Je t'aime, pardonne-moi...
Un bâillement plutôt impressionnant m'échappe. Je remonte mon poing pour frotter un de mes petits yeux endormis. Je me retourne un peu vers lui, me mettant sur le flanc. Il grogne mais ne se réveille pas. Je place mon menton sur son crâne en enlaçant plus étroitement, collant nos torses. Il dépose un petit baiser humide dans ma gorge en grommelant quelque chose que je ne comprends spas, sûrement une injonction pour dormir. Je ferme alors les yeux afin de retomber, sans peine, dans les bras de Morphée. Bien que ceux qui m'étreignent en ce moment même me soient bien plus confortables.

i*i
i*i
i*i

Un doux baiser au creux de mon cou me fait frissonner. Hum... Un autre. Encore un. Puis encore un autre. Je soupire et l'entends rire. Le sentir rire contre mon cou, c'est délicieux.
« Feignant, me susurre-t-il.
- Oui^^ Mais si on me réveille comme ça tous les matins, j'assume totalement !^
C'est vrai quoi, ses câlins sont géniaux !!
Il passe ses mains sur l'arrière de mes cuisses, tendrement. Je sais que rien n'est ambigu entre nous, on a toujours été à la lisière de caresses que certains qualifieraient de sexuelles, ou au moins d'érotiques, mais on ne s'est jamais touché intimement ou même embrassé. Juste de légers smacks. C'est doux, câlin, et ça réconforte. Pas d'quoi fouetter un chat.
On reste un moment comme ça, lui à parsemer ma gorge de tendres bisous et souffles malicieux, moi qui caresse ses hanches que j'ai toujours adorées.
Je ne peux m'empêcher de remarquer que le moindre de ses touchers est rempli d'amour. Amour pour son frère, pour son jumeau. Moi j'm'en fous, tant que c'est d'l'amour je prends. Surtout si c'est Tomi qui me le donne... Après tout, il sera sûrement le seul à m'en accorder.
A cette pensée, les larmes me montent aux yeux. Tomi retire sa tête de mon cou et je sens ses lèvres caresser doucement les miennes pendant un bref instant d'euphorie.
« Pleure p'tit frère, pleure ça fait du bien...
Je fais « non » de la tête. J'ai pas envie de pleurer pour Elles. Pas encore.
« Ça va aller, je fais à Tomi.
- Menteur, me répond-il à voix basse.
Nan... Me dis pas ça Tomi, sinon je - nan ! Ses lèvres récupèrent les larmes issues des sanglots qui secouent mes épaules.
« Tomi-ii, je murmure convulsivement entre deux spasmes.
Il me serre contre lui et me fait passer sous son corps comme pour me protéger. J'enfouis ma tête dans son torse et accroche mes mains à ses épaules - plus musclées qu'on croit. Je frotte frénétiquement mes joues brûlantes et trempées contre ses pectoraux. Tous mes membres tremblent, non plus d'engourdissement mais nerveusement. Je craque, je lâche toutes ces larmes qui ne demandaient qu'à sortir, sans qu'elles le puissent. Et je pleure, je pleure, parle et chouine, et lui m'embrasse, me couvre de son délicieux corps chaud, et ses lèvres recueillent mes larmes tendrement, et il me souffle qu'il m'aime et qu'il est là.
« Pars pas, je le supplie, pars pas pars pas pars pas...
Ma voix se brise et se décompose tandis que j'enfonce mes ongles dans sa chair. Comme pour le retenir. J'supporterais pas qu'il me laisse, Tomi j't'en prie reste avec moi... Moi, moi j'ai plus que toi au monde... Juste toi... Il se couche sur moi, me presse sous son poids masculin.
« J'partirais pas p'tit frère, pour ça faudrait qu'tu m'tues, et même là j'resterais. Je t'aime.
Il dépose un léger smack sur ma bouche gémissante. Je me sens pitoyable. Et lui, lui il est parfait.
J'ai chaud et je me sens brûler, et ses mains qui passent sur mes côtes et mes flancs ne font rien pour arranger cet état de fait. Chacun de ses gestes est empreint de douceur et de soin, comme si ce corps si maigre et sanglotant sous ses mains était la chose la plus précieuse de l'univers. Ses doigts un peu rêches effleurent ma peau, remontent sur ma clavicule, se glissent agréablement dans ma gorge, que je lui offre avec un soupir, et viennent finalement essuyer mes larmes en passant furtivement pour caresser mes lèvres.
« Bill... Bill, regarde-moi...
Ses doigts, si doux, m'incitent à relever la tête vers lui : je le fixe de mes grands yeux marrons baignés de larmes.
« Bill. J' n'suis pas comme elles. Je pourrais pas t'laisser, je t'aime trop pour ça. Jamais, tu entends ? Jamais.
- Jamais ? je couine piteusement.
- Jamais.
Il me caresse la joue, je gémis.
« Fermes les yeux, p'tit frère, me murmure-t-il près de ma tempe.
Si près que ses lèvres frôlent ma peau à chaque syllabe.
Je le fixe encore, totalement dominé. Il me surplombe de son corps et me couve de son regard doux. Je fais glisser mes mains de ses épaules à sa nuque où elles se joignent. Je m'accroche à lui, j'ai besoin de lui. Je finis par fermer les yeux. J'appréhende un peu la suite. Je sens ses doigts effleurer délicatement mes pommettes rougies et brûlantes, alors que son souffle balaye mes joues. Enfin, je sens ses lèvres frôler les miennes, avant de s'y poser délicatement. Une de ses mains vient câliner ma gorge. Je soupire un peu ; c'est un contact simple, mais il fait tellement de bien...
Je me tends soudainement quand ce que j'identifie comme étant la langue de Tomi ondule doucement contre mes lèvres, comme pour m'en demander l'entrée. Je ne résiste pas plus longtemps et entrouvre la bouche, le laissant se faufiler dans mon corps. Tomi me fait immédiatement sentir qu'il est un garçon, dominateur de prime, et me fait... me sentir comme... comme une fille. Je rougis. Il cajole ma langue délicatement, la pressant et s'enroulant avec tant de tendresse et de douceur qu'une douce chaleur se loge dans mon ventre. Je l'aime, mon Tomi. Et je sens dans ce baiser aussi doux qu'aérien, que lui aussi m'aime, qu'il donnerait tout pour moi. Lorsqu'il se retire, je niche rapidement ma tête dans son cou, câline et aspire brièvement un bout de sa peau entre mes lèvres.
« Je peux ?
En guise de réponse, ses doigts s'emmêlent à mes cheveux de manière si délicate que j'en fonds, et il me dégage obligeamment son cou. Je soupire et attrape entre mes lèvres un morceau de cette peau qui m'attire tant. Je suçote, lèche et mordille avec appétit ce petit bout de lui, jusqu'à l'entendre gémir. Et alors seulement, je relâche sa peau et rouvre les yeux. Un joli suçon apparaît, foncé sur sa peau mate et pourtant claire. Je frotte mon nez sur la petite zone rougie, fier de mon ½uvre.
« Je n't'ai pas fait mal ?
- Hum, non... T'es plutôt doué^^ Mais tu n'avais pas besoin de me marquer pour que je t'appartienne...
Je rougis. Sa voix basse et empreinte d'amour me ferait ronronner si je ne me sentais pas aussi brisé, aussi triste.
« J'en avais envie.
- Je sais.
Il embrasse mon front, mes cheveux.
« T'es beau p'tit frère.
- C'est faux.
- Non. T'es superbe, insiste-t-il.
- Arrête !
Qu'il arrête de me dire ça, de me baratiner. Ce n'est que mensonge. Je suis moche. Hideux. Trop maigre, trop grand, trop gothique et trop vierge pour être beau, ou même mignon.
Tomi, arrête de me baratiner.
« Arrêter quoi ? De te dire que je te trouve superbe avec tes grands yeux et tes cheveux noirs ? Que tu m'hypnotises quand tu marches, quand tu bouges ? De te dire que tu m'éblouis quand tu souris, que ta voix m'envoûte et que ton rire répand en moi des cascades de plaisir ? C'est ça qu'tu veux qu'j'arrête de dire ?!
- Arrête de mentir !!! je hurle en recommençant à pleurer. Arrête de me mentir comme ça !!!
Je le repousse avec mes mains. Tomi attrape mes mains posées sur sa poitrine et s'empare de mes poignets pour les plaquer violemment sur le lit de chaque côté de ma tête. Malgré les larmes qui me brûlent les joues, je vois son visage s'avancer, et soudain il dépose un délicat baiser sur mes lèvres. Je me saisis. Il pince doucement me lèvres avant de glisser sa langue à l'intérieur de ma bouche. Simultanément, ses pouces massent tendrement le creux de mes poignets, là où c'est doux et fragile. Je couine en sentant une vague de faiblesse m'envahir, et laisse sa langue approfondir l'échange. Quelques larmes brûlantes dévalent encore mes joues. Il m'embrasse doucement, tendrement, lovant amoureusement sa langue contre la mienne en une étreinte lente et chaste. Lorsqu'il se retire, ses lèvres effleurent les miennes à chaque syllabe prononcée.
« Je t'aime. Crois-moi quand je te dis que tu es magnifique... parce que tu le seras toujours, même vieux.
- Tomi... je couine faiblement. Tomi Tomi Tomi...
Il me caresse les cheveux tendrement. Je m'accroche à son cou, lève la tête vers lui. Mes yeux écarquillés se fixent aux siens.
« Embrasse-moi Tomi, embrasse-moi.
Efface-les, Elles, avec leur indifférence si blessante... avec leur refus toujours plus douloureux...
Il place ses lèvres sur les miennes et m'embrasse de nouveau, ses pouces caressant mes sourcils. Je dévore sa bouche, tordant ma langue, fouillant son palais et mordant ses lèvres. Il répond tendrement à mes actes, mais ma violence l'empêche de me calmer réellement. J'exprime toute ma frustration et ma colère, mais surtout ma peine. Mes ongles s'enfoncent dans la chair si tendre de sa nuque. Pourquoi me rejettent-elles toujours après m'avoir vu ?! Je suis si moche que ça ?? Pourtant Tomi m'a dit que j'étais beau, et même « magnifique » ! Alors qui dois-je croire ? Tomi, ou Elles ? J'aimerais bien me fier à lui, et les oublier Elles... mais il est aveugle, parce qu'il m'aime. Il ne me dirait jamais que je suis moche et inintéressant...
« Arrêtes, me dit-il en séparant nos bouches en un petit bruit mouillé. Arrêtes ça tout de suite.
Je rougis et baisse les yeux, piteux.
« Mais, Tomi...
- Bill... Pourquoi t'arrives pas à croire c'que j'te dis ? Tu crois que j'te mens ?
Nan Tomi. Je crois pas que tu me mens. Je crois juste que tu ne me dis pas la vérité...
« Tomi, combien de petites copines as-tu eues ?
- Euh ! Je, euuuh... J'sais pas, tu compte les vraies ou celles qu'ont pas dépassé la semaine ?
Je souris tristement et m'assoit, m'extirpant du poids de son corps chaud. Je replie mes genoux contre moi et croise mes bras dessus. Je fuis son regard, j'ai tellement honte...
« Moi, j'en ai eu deux, Tomi. Au Kindgarten. Juste deux.
Je resserre mes bras.
« J'suis pas vraiment comme toi, Tomi... Moi j'veux qu'on m'enlace, qu'on me dise qu'on m'aime et qu'on me fasse des p'tits cadeaux. Ça fait peut-être très PD et tout c'que tu veux, mais moi j'veux qu'on m'chérisse. Et depuis huit ans, toutes celles avec qui j'avais envie de tenter quelque chose m'ont royalement ignoré après m'avoir rencontré.
Silence. Il commence à comprendre. Comprendre que c'est pas juste une stupide crise, mais que c'est quelque chose que je porte depuis longtemps.
« En même temps je les comprends, fais-je ironiquement. Qui voudrait d'un p'tit PD sataniste anorexique qui roule des patins à son jumeau quand il en a marre d'être puceau ?!
Pfff, j'suis pitoyable...
Les mains de Tomi se posent sur mes jambes et les font se placer en tailleur, doucement. Puis il vient s'asseoir dessus, croisant les siennes dans mon dos. Il enlace mes épaules et niche sa tête dans mon cou.
« Moi. Moi j'en veux, parc'que tu n'es pas tout c'que tu as dit. T'es encore moins PD que moi qui t'embrasse, t'es plus optimiste que moi, un ventre sur pattes adorable lorsqu'il a de la sauce tomate sur le nez, et si t'es toujours vierge - ce qui en soi n'est pas un défaut - c'est que tu es plus regardant que moi, qui baise tout c'qui bouge tant que ça a de gros seins. Moi j'aimerais être comme toi, tu sais... Si beau, si charismatique, et surtout si attachant...
Je câline ma tête contre la sienne, doucement. Ce qu'il dit me touche, car je sais que c'est tout c'qu'il y a de plus sincère. Pourtant...
« Pourquoi elles me fuient alors lorsqu'elles m'ont vu ? Je suis si repoussant que ça ?
Il relève la tête, faisant bouger la mienne, et il me regarde droit dans les yeux.
« Viens.
Il se lève rapidement du lit et en descend, m'invitant à faire de même en me tirant par la main. On se retrouve débout près de lit, en boxers. Mes membres me paraissent plus légers, j'me sens beaucoup mieux malgré ma migraine persistante. Tomi m'attire à lui par les hanches et je le vois ouvrir la bouche pour m'embrasser. Sa langue se love paresseusement dans ma bouche tandis que ses mains baissent mon caleçon. Je me laisse faire docilement. Il cesse de m'embrasser pour balancer mon caleçon au loin, et pudiquement, je cache mon sexe avec mes mains. Il me sourit et lie nos doigts étroitement pour me les ramener dans le dos en m'enlaçant. Je rougis violemment. Ses doigts frôlent parfois mon membre, et c'est le seul à l'avoir jamais touché, à part moi. Ça me fait... quelque chose d'étrange.
« Ne cache pas la plus grande beauté que j'aie jamais vue, murmure-t-il en me fixant de ses yeux mi-clos, puis il m'embrasse.
Ses mains lâchent lentement les miennes et viennent câliner mes hanches. Lorsqu'on arrête de s'embrasser, je tombe dans son regard doux et chaud.
« Fermes les yeux p'tit frère, répète-t-il comme précédemment.
- Pourquoi ?
Il me caresse la joue avec sa main aux doigts légèrement rugueux. De jolis doigts de guitaristes, habiles et sensuels.
« J'vais t'faire rêver p'tit frère...
Sa main monte sur mon front, descend progressivement sur mes yeux. Je les fermes peu à peu, docile.
Fais-moi rêver, Tomi...

i*i
i*i
i*i

J'ignore comment on en est arrivé là. Mais ce que je sais c'est que j'ai envie de recommencer. Encore et encore.
Tu m'embrasses paresseusement, et moi je remonte le drap sur ma poitrine nue en collant nos torses. Ta main glisse dans mes cheveux. Nos bouches font de petits bruits mouillés. Je te regarde ensuite en souriant. T'es beau avec tes dreads étalés sur le matelas, ton malicieux sourire en coin, et ces étoiles dans les yeux. Je m'appuie sur toi et pose ma tête sur ton torse. Tu place tes mains dans mon dos.
« Je t'aime. Tu en doute encore, maintenant ?
Je souris malicieusement.
« Hummmmmmm... Ça demande confirmation !
Tu ris et m'attire à toi par les hanches, me plaçant allongé sur toi, entre tes jambes écartées et pliées. Tu m'embrasses et presse tes mains sur mes fesses.
Quelques minutes plus tard, tu gémis extatiquement mon prénom et t'accrochant fiévreusement à mes épaules.
Je t'aime Tomi. Là, en toi, il n'y a que là où je me sente bien. Je t'aime.
Et je sais, en te voyant chercher à m'embrasser malgré ton souffle court et ta bouche haletante, qui toi aussi. Tu m'as toujours aimé comme je le souhaitais, et je ne l'avais jamais vu.
Et il a fallu qu'on en arrive là, que je manque de me tuer, pour que je le réalise...

FlAsH bAcK

Je m'abaisse devant lui lentement. De mes mains, je retrace vaguement le galbe de ses cuisses jusqu'à les passer sur ses chevilles. Je relève la tête vers lui ; il attend sagement, les joues rougies par les pleures, la respiration rapide. Je dépose un baiser sur son genou droit tout en flattant ses chevilles. Elles sont fines et délicates, comme tout le reste de sa personne.
Du coin de l'½il, son corps nu m'apparaît, et je dois avouer qu'il est magnifique... Un ventre adorable, des hanches étroites, des tétons un peu plus foncés, comme perdu au milieu de son torse si plat... androgyne, oui. Mais sublime.
Je commence à faire lentement monter mes mains sur ses mollets en d'aériens vas-et-viens. Son épiderme frémit et se couvre de chair de poule. Je souris. Sa peau est douce sous mes paumes, comme une peau de bébé, presque imberbe. Tout comme sa personne, si douce et pure, naïve diront certains. Moi j'pense simplement qu'il garde ce côté enfantin qu'on ne devrait jamais perde.
Mes mains remontent lentement en câlinant ses membres. Parvenu à ses genoux, je masse ses mollets en insistant bien sûr sur ses creux poplités [creux du genou] Il est sensible d'ici, je le sais, je l'ai toujours su. Quand on était petit je m'amusais à le chatouiller ici pour devoir me faire pardonner en le câlinant. J'ai toujours aimé le toucher.
Il soupire doucement, et je m'autorise à remonter sur ses cuisses, en passant par leur extérieur. Mes mains sont fermes sur lui, le soutiennent en même temps qu'elles le câlinent. Je place mon visage au niveau de son aine gauche, la mordillant et la dévorant de baisers. Je sens sa cuisse, contre ma joue, se contracter. Mes mains passent sur l'arrière de ses cuisses et voyagent de haut en bas, décalées ou synchro, de ses genoux à ses fesses. Il soupire presque inaudiblement, ça me rassure. J'ai peur de le brusquer, d'aller trop vite, ou trop loin tout simplement. Je sais que je serais sa première fois.
Je penche la tête et plante mon regard dans le sien, alangui.
« Moi, j'aime ces jambes tout fines...
Je redescends sur sa cuisse, poussant mon nez dans son entrejambes. Bill gémit un peu, peut-être gêné, mais je continue de descendre pour atteindre la délicieuse peau toute fine de l'intérieur de ses cuisses. Parvenu à mon but, je lape longuement cette peau un peu amère.
« ... et ces cuisses délicieuses.
Je ponctue ce dernier mot d'une douce morsure couplée d'une légère succion. Il gémit plus fort tandis que je continue délicatement mon ½uvre.
Je connais tous ses points sensibles, ses faiblesses physiques. Tout pour le faire succomber à la tentation, à ma tentation. Je sens Bill frémir à chaque effleurement de mes lèvres, et une grande satisfaction m'envahit. Ses sens commencent à s'éveiller, son corps s'ouvre pour mes caresses. C'est une sensation des plus... jouissives. Une chaleur agréable m'envahit, je baigne dans un bonheur charnel, de pouvoir lui procurer tant de sensations plaisantes.
Satisfait de sa réaction, je trace un chemin de baisers tendres sur sa cuisse jusqu'à atteindre son sexe. Je souffle sur ce sexe tout mignon, encore recroquevillé, adorablement niché au creux de ses jolies cuisses, comme apeuré. Une petite chose précieuse, fragile. Son petit trésor.
« Ton sexe intouché...
J'en approche ma bouche et pose mes lèvres entrouvertes dessus, associant le doux effleurement de mes lèvres à la caresse de mon haleine chaude. Bill gémit au-dessus de moi et je peux sentir son membre devenir curieux. Je promène ma bouche sur toute sa longueur croîssant lentement, finissant par une câlinerie gourmande de ma langue à l'extrémité. Cette fois-ci, Bill hoquette bruyamment et je souris, fier de moi, mais surtout de lui.
Satisfait de mon effet, je relâche ma sucette et y frotte ma joue en murmurant qu'elle aussi m'est des plus délectables. Puis je remonte sur son ventre, m'attardant sur son nombril pour le lécher, le sucer, le mordiller.
« Lui aussi, je l'aime bien, de même que ton ventre plat - que je caresse de mes deux paumes en le regardant.
J'aperçois ses yeux sombres à travers ses paupières mi-closes. Magnifique... Mes lèvres effleurant sa peau sensible, je couvre son ventre de mon souffle tandis que mes mains remontent sur ses flancs, apprivoisent son dos. Ses mains aux doigts si longs se referment délicatement sur mes épaules. Il halète légèrement, je sens son excitation grandissante contre mes clavicules.
« Tom...
Sa voix résonne dans mes oreilles, que je peux l'aimer... L'entendre gémir c'est délicieux, et si c'est mon nom, j'en demande pas plus...
Je quitte rapidement son ventre, léchant et mordillant ce que je sais être le creux de son abdomen. Sa peau est sucrée, parfumée, délicieuse. Comme tout le reste de sa personne. Mes mains le pressent contre moi, son corps nu, désirable et éveillé contre le mien qui se relève lentement. J'embrasse tendrement sa bouche si douce et love ma langue contre la sienne en un doux frottement. Nos mains s'entrelacent, se serrent. Bill se détache de moi puis revient m'embrasser délicatement. Il serre mes mains fort entre ses doigts, je sais qu'il a peur, ou du moins qu'il appréhende.
Lorsqu'on se sépare je dévore sa mâchoire, descendant sur sa gorge après une prudente succion sur son lobe gauche. Il chouine et me dégage sa tête. Nos mains sont toujours liées, et ce simple contact suffit à me faire trembler. Sa peau chaude palpite sous mes lèvres alors que son souffle se modifie, et ça me rend immensément fier de faire tant de bien à ce petit frère que j'aime tant.
Ma langue savoure le délicieux goût de sa peau, lapant le doux épiderme tout en descendant vers son épaule. Je mordille le petit muscle sous sa peau fine, léchouille le coude sensuellement, puis fais de même avec le creux de son poignet, où je suce sa peau jusqu'à sentir ses veines sous mes lèvres. Il gémit doucement sous l'action de mes lèvres et langue, c'est fantastique. Il est bien mieux que tout ce que j'ai connu avant, que toutes ces filles sur lesquelles je me forçais à voir Bill et rien que lui, Bill et ses yeux si captivants et sa voix charmeuse. Parce que là, c'est juste lui. Je l'aime.
Je remonte doucement sa main, la lâche seulement pour venir englober le bout de son index de ma bouche humide. Il soupire tandis que je commence à téter avec gourmandise ce petit membre, descendant ma bouche dessus en un lent mouvement à peine appuyé. Je ne veux pas le choquer. J'veux juste lui prouver que son corps est fait pour l'amour, l'amour du corps mais pas seulement...
Il a de longs doigts fins et agiles. Ils m'ont toujours fasciné. Quand ils agissent dans ses cheveux pour remettre une mèche en place, lorsqu'ils se referment autour d'une simple cigarette ainsi sublimée, quand il fait son vernis avec ce petit air si concentré qui lui va à ravir, lorsque l'éclat de ses bagues accrochent mes yeux à eux. Ses mains. Gott !
Une fois que j'ai sucé tous ses doigts, je remonte lentement le long de son bras pour venir quémander ses lèvres en un baiser suave, sans manquer de m'attarder dans son coude en maltraitant quelque peau la peau frémissante. Nos baisers savoureux produisent de petits bruits mouillés que j'aime bien.
Je me sers de mes mains pour l'allonger doucement sur le lit et me coucher sur lui. Il est éveillé et ça me fait sourire alors qu'il m'embrasse tendrement. Son gémissement, au contact de nos bassins, est étouffé par ma langue. Je me redresse un peu, m'asseyant sur ses cuisses et l'observe. Il est beau, il me regarde avec envie et tendresse, les bras au niveau de la tête sur l'oreiller et les yeux mi-clos. Je fais glisser mes paumes sur tout son torse sans le quitter des yeux. Je les adore. Surtout lorsqu'ils me fixent de cette manière.
Je frotte doucement mes mains à sa poitrine, remontant et descendant fermement entre son ventre et ses clavicules. Je me délecte de ses yeux trahissant son doux plaisir, et effleure taquinement ses tétons. Il cille alors, et un léger sourire étire ses lèvres. Il m'attire gentiment à lui pour m'embrasser, et je profite de ma position pour onduler des hanches contre les siennes. Il gémit doucement dans ma bouche, ça provoque une vibration adorable dans ma bouche. C'est une sensation que j'aimerais redécouvrir encore et encore, à l'infini...
Il arque un peu les hanches pour accentuer notre contact et je le sens se durcir délicieusement. On se sépare et me sourit. Il est superbe. Je roule des hanches de manière lascive sur lui, me régalant de ses soupirs, de cette rougeur sur ses joues, de ce baiser excitant qu'il m'offre en dehors de nos bouches, de ce plaisir que je vois affluer dans ses yeux mi-clos, de ses doux halètements un peu irrégulier. Le voir ainsi, si détendu et abandonné, en totale confiance, amplifie mon plaisir, le crée. Je commence moi aussi à gémir, à chouiner lorsque nos deux sexe éveillées de retrouvent. Je ne quitte pas ses yeux.
Il écarte un peu les jambes, me plaçant ainsi entre ses cuisses. Simultanément, ses mains si belles agissent délicatement pour me délester de mon dernier vêtement. On gémit bruyamment lorsque nos corps se joignent réellement. C'est tellement bon, tellement plus intense... Délicieux... ! Bill me donne un léger coup de rein et je me cambre voluptueusement. Le plaisir commence à courir dans mes veines, et c'est encore meilleur de savoir que c'est lui qui le crée. Je sens son regard me dévorer et ça ne fait que m'exciter, je sais qu'il m'aime, et qu'il n'a pas honte ; de plus son comportement me montre qu'il a envie de moi, peut-être aussi fort que je désire le sentir en moi. Mais je sais pourtant que, pour cette fois-ci, on fera l'inverse. Parce qu'il a besoin qu'on l'aime, et moi je l'aime tellement que je ferais tout pour lui, pour cette étincelle dans ses yeux.
Sa main se faufile entre nos deux corps moites, et finit par se refermer délicieusement sur mon pénis, qu'il commence à pomper lentement. Je me cambre et gémis, soumis à sa main douce. Ses doigts, si longs, sont un réel délice. Je n'ai jamais rien connu de pareil... Son nom s'échappe sans cesse de mes lèvres, entrecoupé des preuves du plaisir qu'il fait naître en moi.
Il finit par relâcher mon membre brûlant pour me repousser sur ses cuisses. Je lui souris et l'embrasse brièvement, avant de glisser mon pouce dans sa bouche, doucement. Ne pas l'effrayer, le brusquer. Il se saisit de mon poignet et s'applique à sucer fervemment mes doigts un à un, sans me lâcher du regard. Je lui souris tendrement. Le contact de sa langue et de son piercing accroît mes excitation et désir, je transpire, je tremble de partout, je me sens brûler. Il me scrute attentivement en ressortant sensuellement mon index de sa bouche, lapant, d'un petit coup de langue taquin, la pulpe de ce petit membre décidément des plus sensibles. Je gémis, un son rauque provenant du fond de ma gorge.
Je le veux.
« Bill, je murmure avec adoration, il est tellement tout...
Il enroule ses jambes autour de ma taille et m'attire contre lui, nichant son nez dans mon cou en s'accrochant à ma nuque.
« Fais-moi voler Tomi... J'veux qu't'exauces tous mes v½ux...
Je lui souris tendrement, touché et envoûté. Mon petit frère me demande lui faire l'amour. Mon dieu. C'est le plus beau moment de ma vie. Je l'aime tant... Je me colle contre lui pour l'embrasser profondément et tendrement. Je veux lui montrer qu'il n'a rien à craindre avec moi.
Ma main descend lentement, câline amoureusement sa cuisse si attrayante et se faufile jusqu'à cet endroit si délicat. Je quitte ses lèvres à regret, uniquement pour lui souffler que je l'aime, et l'embrasse de nouveau au moment même où mon index s'introduit délicatement en lui. Il est étroit et brûlant autour de ma chair, et malgré moi ça m'excite complètement. J'ai si hâte de lui faire l'amour...
Je bouge doucement mon doigt en lui, prudent. Je n'veux surtout pas le blesser. Il gémit doucement et s'accroche de plus belle à moi. J'essaie de le calmer en lui murmurant que je l'aime et qu'il est beau et excitant. Il s'habitue finalement à mon intrusion grâce à de petits mouvements doux, alors je rajoute mon majeur tout doucement. Il halète et gémit, se contracte un peu plus. Pour autant, ça ne semble pas lui causer de douleur particulière. Ça me rassure, j'ai tellement peur de lui faire mal...
Je le rallonge tendrement pour l'embrasser amoureusement, lovant délicieusement ma langue contre la sienne. J'agite un peu mes doigts pour le détendre, et d'un seul coup il se tord sous moi, gémissant de manière plus qu'érotique. Je me penche pour l'embrasser alors qu'il ouvre de grands yeux écarquillés.
« Tomi...
Je l'embrasse de nouveau, tout en effectuant un lent mouvement de retrait. Je replonge tout aussi lentement mes doigts dans sa chaleur, le faisant gémir et soupirer. Satisfait, je retire mes doigts successivement. Je ressens aussitôt le besoin de m'enfouir en lui, il y fait si chaud et c'est si doux...
Je fais doucement Bill se placer sur le flanc et me place dans son dos. Mes mains dégagent sa nuque et je l'y embrasse comme mon sexe se loge sensuellement entre ses magnifiques fesses. Il tourne la tête vers moi et me souris, un peu timide. Je passe mes bras autour de son ventre pour l'enlacer et le serrer aussi fort que je peux contre moi. Je me sens fébrile, j'ai besoin de lui, j'arrive pas à croire que je vais *enfin* lui faire l'amour... A lui, l'homme de ma vie. Bill. Mon p'tit frère, mon jumeau.
Je le câline ainsi pendant un moment qui me semble une éternité, frottant doucement mon sexe envieux entre ses fesses parfaites. Je me sens bien. Parfois je niche mon nez contre sa nuque, ou je l'embrasse. Il me murmure qu'il a un peu peur, qu'il veut que ce soit spécial. Je lui réponds que je sais, que j'ai toujours su, mais aussi que je l'aime, et ça pour toute ma vie. Il s'abandonne finalement tout contre moi, et alors seulement je pénètre en lui. Lentement, car je le sens se crisper. Je m'insère d'abord jusqu'au gland, puis me retire lentement et reviens, un peu plus loin. C'est délicieux... Malgré ma prudence et ma lenteur, je me sens perdre la tête. Son corps est... divin. Meilleur que tout c'que j'ai jamais pu imaginer. Brûlant, étroit, parfait.
Une fois liés jusqu'à la garde, je pose mon front moite sur sa nuque et embrasse le haut de sa colonne vertébrale. Mes mains massent tendrement son ventre crispé. Je lui chuchote que je l'aime, que j'aimerais ne plus quitter son cocon chaud car je me sens enfin entier, normal, et que je pourrais jouir de bonheur rien qu'en respirant trop fort. Il gémit et me demande de bouger, de lui faire l'amour. Mon Dieu, Bill, si tu savais...
J'accroche ma bouche au côté de son cou alors que je commence à me mouvoir doucement dans son corps, le serrant contre moi comme si je pouvais mêler totalement nos deux êtres, laissant mes gémissements lui montrer tout le bien que ça me procure de lui faire l'amour, m'enfouissant toujours plus tendrement en lui, et lorsque je sens notre fin arriver, j'halète un dernier je t'aime au creux de son épaule et savoure la sensation du fruit de notre union sur mes mains. C'est divin...
Je me blottis tout contre son dos en haletant encore de ce bonheur encore présent dans mes veines. Je lui murmure qu'il est merveilleux, que je l'aime bien assez pour deux, et même pour trois milliards. Il se tourne vers moi pour m'embrasser tendrement, puis il me sourit, et malgré les larmes inondant ses jours adorablement rougies, je sais qu'il n'a jamais été aussi heureux.
Et je l'aime.

FiN fLaSh BaCk























# Posté le dimanche 08 juin 2008 06:11

/!\ News /!\



J'ai décidé de faire un article de news, que je mettrais à jour régulièrement, en effaçant, corrigeant, etc... Pour vous tenir au courant d'ma laïphe !

Alors...







Mardi 24 Juin 2oo8 :

Three days ago...

Quand certaines ( je ne vise personne XD ) étaient au PdP, moi j'étais dans les rues de Paris en train de fêter la musique.
______________-___________J'ai vu un homme déguisé en arbre, des Américains qui commandaient au McDo, un couple de 40/45 ans danser le rock'n roll jusqu'à se retrouver en araignée sur le sol, une foule pas possible mais tellement excitante, des japonais jouant du kodo en tenue traditionnelle magnifiques les hommes avec leurs pompons blancs sur la tête, un chanteur bouclé tête dans l'four avec sa bouteille de Vodka à la main chaussé de Van's à damier rose & noir très viril également ^^", plein de filles qui se tenaient la main, des shootey' qui se déshabillaient assis sur le coin du trottoir devant McDo.
______________-___________J'ai mangé une glace Berthillon c'est bon et maté des jolis couples de garçons qui s'embrassaient, échoué à faire danser le rock à papa avec moi avec le couple susnommé, rigolé sur les paroles de I love Rock'n Roll avec une fille que je ne connaissais pas mais qui a de beaux sourire & yeux.
______________-___________Je me suis faite reluquer par un mec de 30 ans qui trouvait visiblement mon décolleté à son goût, pousser par une bagnole dont j'ai failli voulu ? *tenshi* péter les phares, inviter entraîner ? à danser par un mec que je ne connaissais pas qui m'a chopey par la main en me souriant, marcher dessus, un peu tripotey comme dans toutes foules.



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Mercredi 2 juillet 2oo8 :


______________-___________Avant-hier soir, idée d'un nouveau blog...
______________-___________Hier, création et élaboration de ce blog...
Tout n'est pas encore parfait, mais ça peut vous intéresser je crois !

Pour savoir, rendez-vous sur Xx00000xX !i!



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Mercredi 17 Décembre 2oo8 :

Vous savez, j'aime le mois de décembre. Et ce pour plusieurs raisons :
______________________________________________________D'une, c'est le mois de mon anniversaire.
_____________________________________________________De deux, c'est le mois de Noël et du Jour de l'An, où l'on s'aprête à enterrer le passé pour se tourner vers l'avenir - cette nouvelle année qui n'a pas encore commencé et qui naît lentement...
_____________________________________________________De trois, c'est le mois de la neige, des sapins verts, des guirlandes, des chants et des enfants.
_____________________________________________________De quatre, c'est le mois où l'on oublie toutes les peines et les chagrins, tous les coups durs et les difficultés. Parce que c'est Décembre, et qu'il y a Nikolaus, Noël & Jésus, et le Jour de l'An.
_______________________________Et enfin ,,last but not least" de cinq, j'aime le mois de Décembre car, en une certaine année, les armées Allemande et Française, le jour de Noël, conclurent une trêve exceptionnelle. Et l'on rit et l'on s'amusa, alors que l'on se tua le lendemain.



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News n°2 :
Je ne sais pas quand je posterais à nouveau sur ce blog.
Bizarrement, bien que j'aie moins d'heure de cours qu'au lycée, je peux bien moins écrire à la FAC... C'est peut-être car tous mes cours sont en allemand et qu'il faut que je taffe davantage ;)
Les chapitres de Leer sont déjà écrit jusqu'au 33m? de ce fait je posterais ( un peu à la one again je l'avoue ) de nouveaux chapitreS pour excuser l'absence de Nicht mein Bruder. Je ne peux pas faire plus. Je tiens à re-préciser que je n'abandonne pas Nicht mein Bruder, bien que certain(e)s doivent le penser - preuve en est ce nouveau chapitre.
En outre, je viens de recevoir mon portable et il devrait donc m'être plus facile d'écrire librement... =')
D'autre part, je vous invite à suivre mes autres écrits ici...



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Küßßchen von deiner Lya

Piix : MOrt par déshydratatiiOn..!!!!
/!\  News /!\

# Posté le mardi 24 juin 2008 07:32

Modifié le vendredi 02 janvier 2009 10:18