MOii
« Oui ?
« Tom Kaulitz, fit-il bien audiblement.
- Ah oui, bien sûr. Entrez donc. Troisième étage.
Les portes de l'ascenseur s'ouvrirent et le jeune homme fit face à un mur de couloir ocre chaud, très agréable. Il s'engagea dans un long couloir, assez large. Il distinguait une porte en face de lui, une seule. Visiblement l'appartement de son client fortuné s'étalait sur la totalité du niveau.
Il s'avança et frappa trois coups brefs. Il ajusta brièvement sa tenue, un peu stressé tout de même. A tel point qu'il sursauta lorsque la porte s'ouvrit, tout occupé qu'il était à l'observation acérée du couloir, tout ocre et chocolat.
Ses yeux se posèrent sur son client son cerveau se mit sur off. L'homme était magnifique. Plus que ça même.
Gott !
Son observation minutieuse achevée, ses yeux rencontrèrent enfin ceux de son client. Deux pupilles noisettes, rieuses, plantées au-dessus d'un nez long et droit, qui attendaient patiemment de croiser son propre regard. Il s'empourpra sous le regard amusé de l'homme - un brun.
« Monsieur Kaulitz ?
- Oui, souffla Tom presque timidement.
« Bill Swenzel, enchanté !
Swenzel referma la porte derrière lui et l'enjoignit à prendre place dans un fauteuil noir, ce que fit le dreadeux.
- Non merci.
- Bien.
- Votre compagnie.
- Exact.
- Ok !^^
- Je déteste les chewing-gums, sourit Tom.
- Bien. Vous tenez une conversation ?
- Ma foi, il me semble qu'il me serait possible de converser avec un gentleman tel que vous quelque temps encore...
*~*~*
Il feuilletait vaguement les feuilles, vérifiant qu'il connaissait tout sur le bout des doigts. Swenzel s'était éclipsé, en vue apparemment de finir de se préparer. Tom ne voyait pas trop ce qu'il pouvait encore parfaire, mais bon...
Une fois son passage en revue effectué, il se dirigea vers le balcon, curieux de la vue offerte. Il s'accouda à la balustrade et respira à pleins poumons. En face de lui, voire en dessous, la ville s'étendait, noire et illuminée, grouillante de monde. Il faisait déjà nuit sur la ville, et l'air frais lui était particulièrement agréable. Il adorait la nuit. Tom ferma les yeux et se laissa juste porter par les bruits de la rue : les bavardages étouffés des passants, les moteurs, les klaxons. Il détestait la ville - c'était moche, ça puait et vous brisait - mais l'appréciait beaucoup lorsque la nuit couvrait tout ces laideurs de béton.
Sa somnolence fut interrompue par une main, posée sur son épaule.
- Bien.
« ... mais vous êtes encore plus sublime qu'elle, souffla-t-il d'un air émerveillé.
Amusé par le comportement - aguicheur ? Non, si peu ! - de son client, Tom s'avança calmement, s'armant d'un sourire ravageur. Lui n'avait pas besoin de manteau, et il alla galamment ouvrir la porte.
Swenzel l'attendait dans le couloir, clefs en main, l'air à la fois satisfait et amusé. Tom sourit et reprit contenance, passant devant le brun en léchant doucement ses lèvres, récupérant le parfum de mangue déposé par le gloss. Swenzel haussa un sourcil ironique, avant de l'ignorer pour fermer son appartement.
Tom l'observa près de l'ascenseur, le regard ardent. Sa soirée s'annonçait *très* intéressante !
*~*~*
Il virevoltait d'homme en homme, plaçant quelques commentaires faux-culs servis avec un grand sourire hypocrite. Régulièrement, son regard cherchait la silhouette de son compagnon, et il surveillait celui-ci, quelque peu anxieux il est vrai de le voir faire une connerie, de dire ce qu'il fallait à tous prix éviter. Il n'aimait pas être si loin de cette personne qu'il ne connaissait pas, et qui s'était clairement déclarée libre malgré le contrat qui les liait.
Il se rappela le début de la soirée, très peu intéressé par ce que déblatérait son interlocuteur.
FlAsH bAcK
Tous les regards se tournèrent vers eux, la majorité des conversations se stoppa. Le temps paraissait suspendu. Dans l'entrée, Bill Swenzel faisait son apparition, et était accompagné d'un jeune homme assez classe bien qu'arborant une coiffure bizarre. Ils étaient tout en contrastes ; c'était un couple atypique. Les regards se firent curieux, calculateurs, méprisants. Swenzel sourit vicieusement. On attendait mieux de lui qu'un dreadeux, n'est-c'pas ? Qu'ils aillent tous se faire foutre.
Il se rapprocha de son prestataire, qu'il avait senti se tendre. Son bras baladeur souleva un murmure de l'assemblée alors qu'il s'enroulait simplement autour de la taille de Tom en guise d'encouragement. Celui-ci lui renvoya alors un sourire éclatant de malice et de sadisme, auquel le brun répondit par son (célèbre) sourcil ironique. Cet échange sembla marquer un quelconque coup d'envoi, car aussitôt on les prit d'assaut, des femmes, des hommes, des vieux, des fumeurs, des jeunes, des décrépis, et s'ingénia - avec succès - à les séparer.
FiN dU fLaSh BaCk
Tom se retourna soudainement, et sourit à son client en levant sa flûte de champagne au niveau de ses yeux. Ils burent ensemble sans se lâcher du regard ; totalement ignorants des paroles qui recherchaient leur attention.
- Veuillez m'excuser, articula vaguement le brun sans regarder à qui il s'adressait.
- Ow.
- Hm.
- ^^
- Oh, ça m'fait penser à quelque chose.
- Oui...
- Bien.
... et attentif.
- Hum, joueur ?
- Très.
- Alors va jouer, et amuses-toi bien...
Voilà une bien exquise manière de se faire congédier, mais congédié tout de même...
Les yeux du méché s'arrondirent de surprise, et Tom lui sourit gentiment. Il descendit lentement sur les genoux du brun, sensuellement, et noua doucement ses bras autour de la nuque de sa proie, plongeant ses mains dans les longs cheveux noirs.
« Tom ?
- Bill ? répondit celui-ci avec humour.
- Qu'est-c'que tu fais ?
- Je joue, souffla sensuellement le blond en décernant un regard brûlant au noiraud.
Le baiser s'approfondit alors lentement, et Tom grogna au contact du piercing du brun. Leurs langues s'enroulaient, se caressaient langoureusement, patientes et lentes. Ils n'étaient pas pressés. Bill se laissa emporter par la douceur et la facilité du blond et ses mains se refermèrent fermement sur les hanches anguleuses du jeune homme.
C'était doux et violent, à la fois apaisant et enivrant. Merde, Bill en perdit même la tête, glissant son bras sous le tee-shirt de Tom pour caresser son dos, oublieux de l'assemblée présente, qui pouvait les surprendre et à tout moment. Il enfonça ses ongles dans cette chair chaude lorsque Tom lui lécha les dents, provoquant un frisson glacé tout le long de sa colonne vertébrale.
Satisfait, Tom glissa son basson vers l'arrière, se cambrant langoureusement, et frotta son torse contre celui du brun. Swenzel haleta sourdement dans leur baiser et appuya son ventre contre l'estomac du dreadeux. Il sentait une chaleur l'envahir, et alors que l'hypothèse d'enlever le tee-shirt de Tom pour embrasser sa peau lui vint à l'esprit, ledit Tom se retira et disparut comme un courant d'air.
Et Swenzel resta, haletant et insatisfait, sur sa chaise.
Et le jeu commença.
*~*~*
Il naviguait entre les personnes présentes, confortables. Il distribuait sourires, clins d'½il et hypocrisie à tout vas, avec succès : il créait la surprise, tout le monde l'adorait.
Mais lui s'en fichait ; lui, tout ce qu'il voulait, c'était lui en mettre plein la vue. Il savait qu'il l'observait, il sentait son regard sur son corps, ses mouvements, ses fesses, sa bouche, sa nuque. Il jouait outrageusement avec son piercing dès qu'il pouvait, le faisant danser avec sa langue et sa lèvre inférieure comme un forcené.
Il ne savait pas vraiment à qui il parlait, et à vrai dire il ne suivait franchement pas la conversation. Il voulait juste... faire qu'il de désire. Et il y arrivait.
Il s'éclipsa vers le buffet pour se procurer une flûte de champagne, lorsqu'il sentit une présence brûlante dans son dos. Il ferma les yeux et se détendit totalement sous la domination de l'autre homme alors que celui-ci l'embrassait violemment, plaquait les mains du blond au-dessus de sa tête sur le mur et enfonçait ses ongles dans les chairs tendres de ses poignets. Il gémit lorsque les dents du jeune homme tirèrent presque brutalement sur sa lèvre inférieure. Il adorait ça.
Une voix rauque lui parvint.
« Me cherche pas, Tom...
- Hum oui, c'est bien c'qui m'semblait...
Le baiser les laissa tous deux haletants, et Tom mordilla délicatement le lobe de Swenzel.
Sa main se crispa sur son ventre. Ce mec allait le rendre dingue... !
*~*~*
Il n'en pouvait plus. Tom n'arrêtait pas de l'aguicher, tantôt tendrement tantôt plus sexuellement. Il était à bout, mais ne voulait pas lui tomber dans les bras. Il aurait l'impression de se faire utiliser encore une fois. En plus... ça faisait assez longtemps maintenant, mais il avait besoin d'amour et de douceur. Il ne voulait pas baiser, il voulait qu'on lui fasse l'amour. Et même s'il était charmant, Tom n'était pas la personne qu'il lui fallait pour ça.
Il déboucha sur le toit et s'avança vers le bord. L'air frais lui fit aussitôt un bien fou, calmant le tourbillon de ses pensées et le relaxant. Il soupira et sortir son paquet de cigarette, en sortit une qu'il alluma. Il observa un instant le point incandescent, puis porta le petit bâton de poison à sa bouche, et tira une longue et délicieuse première bouffée, qu'il recracha longuement. Ça faisait tellement de bien...
La porte derrière lui claqua.
Evidement. Le même.
- Bonsoir, Bill.
- Monsieur Swenzel, corrigea durement le brun. Il ne me semble pas vous avoir donné le droit d'entretenir une quelconque intimité.
Bill détestait être chassé.
- J'vois pas c'qu'il y a d'agréable quand y a que trois centimètres...
Bushido continuait à se rapprocher de lui. Et lui ne bougeait pas. Plutôt sauter du toit que... qu'il recommence.
Encore.
« Me touche pas, siffla Bill malgré son souffle presque inexistant.
- Garde ton souffle pour hurler, poupée.
Il sentit vaguement les mains de Bushido défaire son pantalon et le baisser. Le béton ne lui paraissait presque pas froid contre la peau de ses cuisses.
Puis plus rien, plus de mains et plus de Bushido.
Le Noir.
*~*~*
Lorsqu'il reprit conscience, il avait froid. Il ne savait pas où il était, et ne voulait pas vraiment savoir.
« Il n'est plus là.
- Quoi... ?
Il gémit et se recroquevilla sur lui-même, plaquant ses mains sur son visage comme pour se protéger.
- T-Tom ?
- Oui.
Il était chez lui, emmitouflé dans sa couette. Les volets de sa chambre étaient fermés, il n'y avait aucune lumière. Tom était assis à gauche du lit, sur un siège du salon. Il le regardait doucement, mais sans pitié.
Bill se redressa un peu, et se frotta le visage. Sa joue, où Bushido l'avait frappé, lui faisait mal. Il grimaça un peu, et remarqua qu'il était torse nu. Il se recouvrit aussitôt de sa couverture et lança un regard noir au blond.
- Pas grave.
« Il n'a pas eu le temps, fit calmement le dreadeux.
- Ow.
- Rien. Je vous ai vus aller sur le toit séparément, et vous ne reveniez pas alors j'étais curieux, je suis monté et il... enfin bref, ne t'inquiète pas.
- M-Merci...
- Vraiment pas de quoi. Les mecs comme ça j'ai envie d'les buter.
- Toi ?
- Qu'il t'a touché.
- Je te l'ai dit, ronronna calmement Tom à son oreille en caressant ses bras du bout des doigts. Tu es trop envoûtant... Quelqu'un comme toi est comme une lumière pour des milliers de papillons... Nous sommes tous des papillons quand tu es quelque part...
- Même toi ? osa Bill.
- Mon comportement tout le long de la soirée n'a pas été assez explicite ? Oui, même moi... Du reste, je m'excuse d'avoir agi comme ça. Si j'avais su j'aurais jam-
- Non !
« Je te fais mal ? finit par demander Tom.
- Non, murmura Bill.
« Non, pas du tout.
- J'te l'ai dit.
- Non. Je crois pas à l'excuse de la curiosité.
Coincé.
« J'voulais pas t'laisser seul avec lui...
- Pourquoi ?
- Euh...
- S'il te plaît, murmura Bill.
- Ow.
C'était inattendu, et peut-être était-cela qui le faisait agir de la sorte. Ou bien tout simplement son client.
- A quelle question ?
- Tu me trouves beau ?
- Oui.
- Vraiment ?
- Bien sûr. Magnifique.
- Tu as envie de moi ?
- Tu m'veux pour quoi, pour baiser ou pour un peu plus ? demanda le piercé, un peu plus agressif.
- J'te veux pour rien, je ferais rien, répondit placidement le prestataire. J'ai pas à lever le petit doigt si tu veux pas. Et tu veux pas.
- ...
- C''est pas la peine d'me tester, j'te violerais pas Bill. Si j'en avais eu envie je l'aurais fait depuis longtemps. Si j'ai tabassé ce mec c'était pas parce que j'me disais que si t'avais plus confiance en moi ça serait plus facile. Personne mérite ça, toi moins que quiconque.
- Non.
- Bill, tu vas-
- Viens avec moi.
- Pardon ?
- Viens...
Il sursauta lorsque la main du blond attrapa la sienne et se fit violence pour ne pas replier son poignet contre son torse. Tom se tourna lentement vers lui, allongé sur le flanc. Il sortit doucement son bras de la couette, et embrassa doucement ses phalanges en le regardant dans les yeux. Un geste de gentleman, qui apaisa quelque peu la jeune victime.
Tom enfouit de nouveau leurs mains sous la couette sans rien dire, les laissant juste entre eux deux. A la fois un lien et une barrière. Ils le savaient tous les deux.
Tom avait conscience que Bill se servait de lui pour conjurer sa peur, même s'il n'avait pas totalement confiance en lui. Mais il était prêt à l'aidero Le regard du brun lui parlait étrangement, et il ne voulait pas le laisser tomber comme ça.
Doucement, Bill rapprocha sa tête de l'autre garçon, quémandant silencieusement un peu de réconfort. Tom lui serra la main et combla la distance qui les séparait, calant la tête brune dans le creux de son épaule.
Ça faisait longtemps que Bill n'avait pas été en compagnie de quelqu'un, aussi intimement que ça. Cet homme qui était entré dans son lit alors qu'il était à moitié nu...
« Bill, appela le blond en passant le dos de sa main sur la joue exposée, Bill, dis-moi ce qui s'est passé.
- Si.
- Non !
- Bill...
- Non Tom !!
- Non !!
- NON !!!
- SI !!!
- Et tu veux que j'te dise QUOI ??? hurla brusquement Bill en relevant - enfin - la tête vers Tom. Tu veux savoir QUOI ??? C'que ça m'a fait quand il m'a enculé alors que c'était le premier ?!? Comment j'me suis senti humilié d'être à quatre pattes ?? Comment il m'a forcé à avaler son foutre et à lui dire que j'aimais ça quand il me baisait, que j'étais sa salope ?? Tu veux savoir QUOI ???
- Tout, souffla le blond en essuyant ses larmes. Tout... !
- Tu peux... pas... ! sanglota le jeune homme. T'peux ri-rien fai-aire, pers-sonne peut...
- Je peux si tu me laisse t'aider, Bill... si tu me laisses aller là-dedans, murmura Tom en posant sa main sur le torse de son client - juste un client ? - au niveau du c½ur.
- Non. Pas si tu m'parles Bill. Ça ira mieux.
- Tu peux rien faire.
- Si tu m'aides pas, c'est vrai que je peux rien faire. Si tu ne me dis pas ce qu'il t'a fait, si tu ne me dis pas comment tu t'es senti... J'pourrais rien faire...
- C'pas dur de savoir c'qui s'est passé ! fit le brun d'un ton ironique.
- Moi je veux savoir comment toi tu l'as vécu.
- Mal.
- Mais encore ?
- Mais encore quoi ?! Il ma collé sa bite dans l'cul, Tom !! C'que t'as entre les jambes il l'a foutu entre les miennes, et figures-toi BIZARREMENT que j'ai PAS AIME !!!
- T'aurais dû ! se força à répondre Tom. C'est pas ton genre, de t'faire b-baiser contre les murs ??
Tom posa son front sur celui de Bill, ses mains remontant pour essuyer délicatement les joues mouillées de l'androgyne.
- Parce que j'peux pas ne pas t'aider.
- Demain tu partiras.
- Peut-être, c'est vrai. Ça dépend de toi.
- Y a rien qui dépende de moi, murmura le jeune homme en enfouissant sa tête dans les vêtements du blond.
- Demain rien ira mieux, souffla encore Bill, tristement. Car demain c'est fait d'aujourd'hui, et surtout d'hier... Et hier, je me suis fait baiser par mon pire ennemi.
*~*~*
Dans la nuit, il se réveilla par une impression de froid. Il ouvrit les yeux et constata qu'il était seul dans ce lit trop grand pour lui, les couvertures repoussées au loin.
Seul signifiait que Bill n'était pas là.
Où, alors ?
Il se leva lentement, encore endormi, et passa dans le salon. Il entendit alors un petit bruit étouffé, comme... un souffle - humain ?
Il s'approcha et ses yeux s'écarquillèrent sous le choc.
Bill se tenait devant lui, caché entre le coin du mur et l'angle du canapé - invisible aux regards. Il était entièrement nu, et son corps tout entier, ses jambes, ses bras, son visages, son torse, son ventre - Tom ne voyait pas ses cuisses et n'osait imaginer ce qu'il avait pu y faire - portait de vilaines griffures rouges, violentes, dont certaines saignaient.
Et Bill sanglotait follement, renfermé sur lui-même, répétant faiblement « laver laver laver laver laver... ».
Tom s'accroupit près du jeune homme et posa ses mains sur ses genoux, relevés contre le canapé. Aussitôt Bill réagit, mais comme le blond l'espérait. Le noiraud commença à lui donner des coups de pieds en hurlant de manière hystérique, et il enfonça violemment ses ongles dans son avant-bras gauche, dessinant de nouvelles trainées rouges, plus sanglantes, à celles qui zébraient déjà sa peau si blanche. Tom se protégea le visage de ses mains, essayant d'échapper à ses coups.
Il savait bien que ç'avait été trop facile. Bill avait accepté son presque-second viol si calmement, que c'était impossible qu'il l'admette réellement. Il y avait encore trop de peine, d'incompréhension et de douleur en lui...
Bill cessa d'hurler et de frapper dès que le contact physique entre eux cessa, et il se replia comme auparavant.
Il se rapprocha timidement, n'osa pas un toucher.
Son enfant gémit et esquissa un mouvement de tête, que Tom interpréta comme un oui. Prudemment, il s'assit en tailleur, méfiant. Bill ne bougea pas, continuant juste de répéter « laver » en laissant ses mains aux ongles rougies glisser sur ses cuisses, ses mollets.
Le regard du prestataire se focalisa sur les blessures du brun, des marques réalisées à cause d'une peur et d'une colère sans nom, d'une terreur... de souvenirs atroces.
Le jeune homme était vraiment dans des états pitoyables.
Le dreadeux ne réagit que lorsqu'il sentit les genoux du brun s'écarter sous lui, et qu'il tomba entre ses jambes, déséquilibré. Tout le corps de Bill fut prit de tremblements, et il recommença à mordre sa lèvre en pleurant. S'il avait été nu, Tom aurait été dans la position idéale pour prendre Bill et le baiser comme bon lui semblerait entre le mur et le canapé.
Gentiment, Tom reposa les mains du brun sur son ventre meurtri, et s'écarta un peu, pas trop. Il referma doucement ses jambes et lui caressa les genoux en lui parlant calmement.
Et soudain Bill se jeta sur lui et le cloua au sol.
Tom paniqua, perdu, que devait-il faire, que pouvait-t-il faire ?? Puis il sentit quelque chose d'humide glisser contre son cou, quelque chose de froid, quelque chose qui était des larmes. Alors il serra Bill contre lui de toutes ses forces, oubliant ses blessures.
Mais quand Bill commença à jeter son dévolu - et sa bouche - sur un petit bout de sa peau, il se crispa et le repoussa doucement. Il prit délicatement le visage du brun entre ses mains et lui caressa les joues de ses pouces, essuyant ses larmes. Le regard du brun était ravagé, et on ne savait qu'y lire, déchiré qu'il était entre la peur, la confiance, la souffrance, le désir et la colère.
La peur avait refluée au profit de cette envie - presque un besoin - de protéger l'être fragile entre ses bras, cette personne blessée aussi bien physiquement que moralement. Il exécutait de calmes cercles avec ses paumes sur les omoplates du noiraud, en le fixant gentiment dans les yeux. Les pupilles de Bill tressaillaient, ses yeux parcouraient constamment le visage calme de son vis-à-vis. Tom ne parla pas, laissant Bill se calmer à son rythme, se contentant de câliner ses épaules gentiment, savourant le défilement de la peau douce sous ses doigts.
Le brun s'apaisa lentement et nicha son visage dans le cou de Tom. Le souffle chaud du brun chatouillait le prestataire qui se retenait de frissonner, son cou avait toujours été l'une des parties les plus sensibles de son corps... Doucement, il incita Bill à se lever, et l'emmena vers ce qui lui semblait être la salle de bain.
C'était effectivement une salle de bain, carrelée de beige et ocre. Des tons doux pour une ambiance chaleureuse. Tom guida son compagnon docile vers la cabine de douche et l'y fit rentrer doucement, le plaçant sous le jet d'eau chaude. Il fallait ôter tout ce sang, et de toute façon une petite douche ne pouvait faire que du bien. Pendant que Swenzel trempait, le dreadeux fouilla placards et commodes pour trouver de quoi le soigner un minimum, tombant sur du désinfectant doux, des compresses et des gazes. C'était pas top, mais ça suffirait. Il installa le tout sur le rebord du lavabo, et retourna chercher son patient. Il ouvrit doucement la porte de la cabine, et Bill se tourna vers lui, l'air déjà plus calme. Son maquillage avait coulé et ses cheveux étaient tout aplatis sur sa tête, le rajeunissant énormément. Son regard était toujours vide, mais il adressa un léger sourire au blond. Celui-ci lui retourna, et tendit la main vers lui sans le toucher.
Bill le fixait sans discontinuer, ne gémissait même pas lorsqu'il frottait les croûtes fraîches sur les rebords de ses marques. Une vraie tombe.
Lentement, Tom remonta ensuite des chevilles - elles aussi écorchées - vers les genoux, puis s'aventura sur les cuisses tendres du jeune homme. D'après ce qu'il en avait vu, c'était sans conteste l'endroit le plus meurtri, ce qu'il comprenait. Mais il devait soigner aussi ces blessures, et certain que Bill ne le ferait pas lui-même, il fallait alors que le brun enlève sa serviette et le laisse le toucher à cet endroit. Ce qu'il doutait fort d'être possible.
Il se racla la gorge, nerveusement.Il ne savait pas comment présenter la chose.
Ses mains agissaient lentement, l'une soignant ces griffures sanglantes, l'autre caressant vaguement la cheville du garçon pour le calmer. Il finit par atteindre l'entrecuisse de l'androgyne, qu'il sentit se crisper nettement. Il leva les yeux vers lui et lui adressa un sourire encourageant.
Le coton glissa doucement sur la peau fragile, qu'elle caressait de son volume pelucheux. Swenzel gémit un peu et Tom s'alarma.
« Ow. Euh, je... Désolé.
Mais un enfant nu, blessé, et quand même supersexy.
Il se mordit la lèvre, impuissant. Il ne savait que faire, et se doutait qu'emmener Bill à l'hôpital n'arrangerait rien - du moins, pas psychologiquement. Ce dont Bill avait le plus besoin en cet instant était de respect et d'amour, mais s'il continuait à considérer chaque contact comme une énième tentative malsaine, ça n'allait pas être évident de l'aider.
Soupirant, Tom revint auprès de Bill, et s'accroupit devant lui.
Une fois dans la chambre, il se dirigea vers l'armoire pour y trouver des pulls et des jeans d'un côté, des tee-shirts, vestes et chemises d'un autre, des blousons accrochés sur des cintres.Pas de couverture, donc. Il prit le plus gros pull qu'il trouva et un pantalon de jogging, qu'il tendit à Bill.
« Bill ?
Tom ne bougeait pas, surpris et heureux, hésitant quant à la marche à suivre.Bill finit par se blottir tout contre lui, ronronnant presque dans ses bras.Finalement, après un long temps de réflexion, le blond passa un bras autour de la taille du jeune homme, et glissa l'autre sur son avant-bras en de douces caresses.
Le brun était totalement détendu, le toucher de Tom ne semblait pas lui faire peur.Alors le blond se détendit à son tour, soupirant.
Il regarda Bill, qui releva soudainement la tête pour lui sourire.Tom le lui rendit, mais son sourire tomba lorsque les lèvres du noiraud se posèrent sur les siennes.
Il se tendit et son premier réflexe fut de pousser Bill, tentant de le chasser à l'aide de ses mains.Mais le jeune homme s'appuya de plus belle sur lui, s'accrochant à ses épaules. Il décolla ses lèvres un bref instant pour le regarder de ses yeux mi-clos, où brûlait quelque chose de puissant, puis replaça sa bouche sur celle du blond, suçant légèrement l'anneau qui l'ornait.
Tom ne savait pas quoi faire, repousser Bill ou accepter de l'embrasser ? Il ne voulait pas blesser le jeune homme, malgré que son désir pour lui soit violent, et il savait qu'il aurait certainement du mal à s'arrêter s'ils commençaient. Tom Kaulitz n'était pas habitué à ne faire les choses qu'à moitié.
Bill fit glisser son corps contre le sien lorsqu'il noua ses bras autour de la nuque du prestataire, et celui-ci céda. Ses mains se placèrent sur les hanches de l'androgyne, les flattant doucement au travers du tissu, et il répondit à la légère pression exercée par son client. Celui-ci poussa alors un peu l'échange, happant entre ses lèvres le petit anneau de métal et y faufilant sa langue. Tom gémit et le rapprocha de lui, cherchant sa bouche avec envie. Il savait qu'il ne devait pas forcer Bill, mais ledit Bill se montrait plutôt entreprenant, et en plus il avait ouvert la bouche en premier pour sucer son piercing. . Pour Tom c'était un signal, et il y répondait le plus naturellement du monde.
Il trouva enfin les lèvres de Bill et les lécha goulûment, effleurant ses dents et mordillant la lèvre inférieure du brun. Il se rappelait les délices que sa bouche renfermait, cette langue adroite et ce piercing électrisant... Sans plus attendre, il poussa sa langue dans la bouche du brun, attaquant directement son palais pour l'entraîner avec lui. Il gronda sourdement lorsque le piercing froid se frotta à son muscle, et approfondit le contact, rendant le baiser plus lent mais plus langoureux, plus enivrant.
Ses mains glissèrent sous le pull du brun, parcoururent le dos frémissant du jeune homme. Bill n'était pas du tout farouche dans ses bras, si bien qu'il finit par s'asseoir sur les genoux du blond, qui se régalait d'être chevauché par une telle créature. Le désir commençait à l'embrumer, et il sentait son sexe réagir au baiser torride que lui offrait le méché. Il débuta de lentes ondulations du bassin, des mouvements savoureux qui réchauffaient doucement leurs corps. Ses mains remontèrent le long de la colonne vertébrale du brun pour l'inciter d'une pression sur ses omoplates à s'appuyer sur le dreadeux, qui dévorait sa bouche avec délices. Leurs lèvres se séparèrent brièvement avant de se retrouver, leurs langues luttant deux la bouche de Bill, ou dans celle de Tom, pour le contrôle du baiser.
Le dreadeux s'allongea sur le lit, entraînant son compagnon - futur amant ? - avec lui, l'enlaçant d'autant plus fort qu'ils étaient déséquilibrés. Il descendit ses mains sur les reins de Bill, continuant sur ses fesses. Leurs bassins se frottaient lascivement, de plus en plus fortement. Tom menait principalement la danse, et Bill se laissait faire docilement, répondant à ses baisers et à ses roulements de hanches. Il semblait calme, mais Tom sentait son c½ur tambouriner contre sa poitrine, et ses mains tremblaient dans sa nuque. Excité, le blond tenta de pousser Bill, écartant les jambes pour y placer Bill et accentuer leurs frictions érotiques. Il était en train de perdre la tête, et se délectait du plaisir que lui procurait le corps si désirable de Bill Swenzel sur le sien, ce corps désirable et désiré. L'image de Bushido lui traversa l'esprit, et soudain il se figea.
// Bill \\
//Bushido qui viole Bill \\
Non !!
Merde, si ce salaud rasé n'avait pas fait interruption dans son esprit, il l'aurait baisé comme ça, pas violemment mais... sans amour. Et ça, le brun n'en n'avait pas besoin, mais alors pas du tout.
Apeuré, il leva les yeux vers le brun, assis en tailleur de l'autre côté du lit. Le jeune homme gardait la tête basse, si bien que son visage se trouvait caché par ses cheveux. Ses mains se tortillaient nerveusement, ses ongles écorchaient sa peau. A cette vue le sang de Tom ne fit qu'un tour, et en moins d'un souffle il poussait délicatement la petite tête touffue du brun dans son cou, ses mains agissant dans son dos, lissant soigneusement son pull.
Il frotta sa main contre le crâne du méché, doucement.
Il se tendit brièvement, surpris, puis décida qu'il devait se rattraper, et se montrer le plus doux possible. Bill devait reprendre confiance, et pour ça Tom devait lui montrer qu'un baiser - voire plus, mais ça il ne lui montrerait pas - ça pouvait être doux et délicieux, que ça pouvait faire naître des papillons dans le ventre et des nuages dans la tête. Il dégagea tout doucement ses mains et enlaça ses doigts à ceux du brun, qu'il ne sentait pas rassuré malgré son initiative. Il se maudit davantage encore de ne pas avoir su percevoir la passivité du brun, qui lui sautait maintenant aux yeux.
Alors il chercha à s'excuser, happant délicatement la lèvre supérieure de Bill et jouant délicatement avec. Il s'efforçait de rendre ses gestes le plus doux possible, de les imprégner de toute la douceur qu'il avait en lui. Bill répondit d'une légère pression à son embrassade.
Tom caressa de ses pouces le dos des mains du brun, et sentit ses doigts manucurés s'enrouler autour de ses poignets. Il retira ses lèvres brièvement et les reposa sur la bouche de son client, calmement, plusieurs fois. Il modulait la pression qu'il exerçait avec ses lèvres, et refroidissait ses ardeurs. Il ne demandait qu'à goûter encore les tièdes délices conservés dans la cavité buccale du brun. Mais il devait se contenir, il le savait et se promit de ne pas céder. Doucement, il bascula sur le côté, glissant ses bras autour de la taille du brun. Allongés tous deux sur le flanc, ils étaient à égalité, sur le même plan.
Bill se laissait délicatement embrasser, à la fois tendu et désireux de sentir de nouveaux ces contacts chauds et humides. Il savait d'expérience que Tom embrassait divinement bien, et même s'il avait été apeuré par le désir peu dissimulé dans ses contacts précédents, il ne pouvait nier que ces premiers s'étaient avérés délicieux. Il sentait les mains du blond agir sur lui, doucement, appliquées et fermes. Tom donnait l'impression de savoir exactement ce qu'il faisait, et ça rassurait Bill, qui n'en menait pas large. Il frémit lorsque Tom entrouvrit la bouche et qu'il sentit la chaleur de sa bouche contre ses lèvres. Tout était beaucoup plus lent que tout à l'heure, tout était plus calme et moins sexuel. Il appréciait, il aimait.
Puis le dreadeux lui lécha doucement les lèvres, lentement. Plusieurs fois, poussant parfois dans le creux sensible de ses lèvres. Bill trouvait ça bon, alors il ouvrit un peu la bouche pour capturer la langue de Tom. Celui-ci se fit taquin et suça doucement la lèvre inférieure de son client. Contrarié, Bill coinça la langue de Tom entre ses lèvres, et commença timidement à la sucer. Les mains de son prestataire le cajolaient lentement, passant sur son dos sans forcer la barrière du pull. Ce geste simplement doux réconforta Bill, et il ouvrit la bouche pour emmêler sa langue à celle de son compagnon.
Un baiser de cinéma commença alors, un échange où chacun cherchait sa place, Bill hésitant entre la hardiesse et la passivité consentante, Tom poussant le brun à dominer le baiser. Leurs muscles s'enroulaient doucement, se caressaient lentement. Ils n'étaient pas pressés, Tom voulait prendre tout son temps. Il serra Bill contre lui, fort, comme s'il voulait le fondre dans son corps, et emmêla gentiment leurs jambes. Il était chaud, et Bill ronronna. Il adorait ce qu'ils faisaient. Il s'enhardit, sa langue se tordant plus vicieusement, faisant gémir Tom qui acceptait sagement sa domination.
Il sépara un court instant leurs lèvres et revint poser plusieurs smacks légers sur la bouche humide du noiraud, à la fois paresseux et langoureux.
Car après tout, ils avaient toute la nuit...
*~*~*
Il ouvrit les yeux sur du vide. Son cerveau mit un peu de temps à enregistrer l'information. Une fois ce vide assimilé, il s'étira longuement et se leva, se grattant distraitement le bras gauche. Il passa dans le salon, et vit Swenzel sur le balcon, calé dans un fauteuil à siroter une tasse fumante. Il fredonnait doucement, et le fil noir de ses oreillettes contrastait sur le pull blanc qu'il portait de la veille.
Il s'approcha doucement et s'accouda à la rambarde.
- Bonjour Tom, répondit calmement le brun.
- ... oui...
- Pas d'quoi, c'est normal. T-Vous m'avez vraiment fait peur hier...
Café. Noir, serré. Un truc à t'en démoléculariser l'estomac.
Il rendit la tasse à son propriétaire..
- Oui, bien sûr. Tu connais, hein ?
Tom quitta le balcon ; direction, la salle de bain.
*~*~*
- Ouais. Salut. . Merci pour tout hier soir, et j'te souhaite de la chance pour... ben, plus tard.
- Merci. Toi aussi.
« Bill, essaie... d'en parler. Même à un psy. T'en as besoin... C'est pas moi qui ai tout changé en une nuit.
- Non, mais tu m'as aidé. Et...
- Moi aussi. Beaucoup. Peut-être trop, même.
- Ok... C'est bien alors, j'imagine.
- Ouais, j'crois.
- Ok.
- Non, en effet...
- ... oui... Merci.
- Hmpf ! La corde au cou c'est pas fait pour moi, les nanas sont trop chiantes !
- Et les mecs ? suggéra malicieusement le brun.
- Ouais OK, ria Swenzel, vas-y l'Don Juan, barres-toi d'mon palier !
- Don Juan ?
- Huhu, fit le jeune homme en souriant malicieusement.
*~*~*
Tom sortit du bâtiment sans se retourner. Car après tout, Bill Swenzel n'était rien de plus qu'un client.
Ma bêta n'as pas aimé la fin, étrange n'est-ce pas ? Moi j'aime bien... J'suis assez fière de ce OS, d'autant plus que c'est le premier de cette longeur !! =)
Donnez-moi vos avis SVP !!!
J'suis pas mourut, c'est sky qui me deaaaad la tête U_U
Soyez tous et toutes sûr(e)s que, si silence de ma part pendant deux semaines, c'est que sky merde --" Sinon j'suis en vacances en Normandie XP Mais vous seriez préviendues, donc...^^
Lya ♫
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